Sur l’impulsivité : dites non ou dites oui

Au début des années 1980, la Première Dame des États-Unis Nancy Reagan a lancé une campagne de signature contre la consommation de drogues. Elle l’a appelée « Just Say No » (« Dites seulement non ») aux drogues. L’expression était mémorable, accrocheuse, et semblait être l’essence même de la simplicité. Après des années d’échec dans la « guerre contre la drogue » parrainée par la présidence, beaucoup ont cru que la Première Dame avait trouvé quelque chose qui pourrait fonctionner. Des décennies plus tard, nous savons que la campagne « Just Say No » n’a pas fonctionné. En fait, certains pourraient prétendre que cela a eu l’effet inverse, surtout dans les zones urbaines comme New York où l’épidémie de crack était sur le point de mettre à bas des quartiers entiers. Aujourd’hui, les neuroscientifiques comprennent pourquoi.

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La moralité de Noël

La moralité est une affaire très délicate dans une société extrêmement « moralisatrice ». Je prie mes lecteurs d’avoir de la patience avec moi alors que je tente d’expliquer ce que je pense être le problème. Tout d’abord, je noterai que la morale est tout ce qui reste quand les motifs les plus fondamentaux d’une culture ont été détruits. Nous vivons en effet dans un tel temps, d’où la montée d’une véhémence dans la vie morale. Deuxièmement, je vais suggérer qu’en tant que Chrétien, ce que nous cherchons à accomplir, c’est d’être de moins en moins moraux afin de plutôt ancrer nos vies dans ce qui est – tout cela exige une explication.

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Impulsion, dépendance et les passions

Il ne devrait pas être surprenant pour ceux qui sont familiers avec les luttes individuelles de réaliser que l’impulsion soit le fondement du problème. En termes techniques, il y a une certaine corrélation fondamentale entre la dépendance et l’impulsion. Les gens qui sont impulsifs sont plus vulnérables de développer des comportements liés à la dépendance, parce qu’ils tiennent peu compte des conséquences négatives[1] ou, pour être plus précis, ils préfèrent un soulagement immédiat au lieu d’un délai, un assouvissement instantané à une satisfaction basé sur le long terme. Être impulsif signifie agir sans prévoyance. Et même si ceux qui luttent pour se libérer d’une dépendance savent très bien que ne pas suivre leurs impulsions est plus bénéfique à long terme que de capituler, lorsque la tentation survient, la prévoyance qui nous motive devient une tâche presque impossible, alors l’impulsivité nous submerge. L’impulsivité dans sa forme pathologique peut être définie comme « l’incapacité de réguler, d’être à l’écoute ou de contrôler un comportement ou une émotion »[2].

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Un savoir salvifique

J’ai souvent utilisé l’exemple de la bicyclette comme une image pour connaître Dieu. Il n’y a aucune difficulté à apprendre à rouler si cela ne vous dérange pas de tomber pendant un moment. Mais peu importe combien d’années vous avez monté, vous ne pouvez pas décrire en mots, pour quelqu’un d’autre, comment vous savez ce que vous savez par rapport à cette activité. Mais vous le savez. Je soupçonne également que si vous pensiez trop à la bicyclette pendant que vous la montée, vous pourriez gâcher votre concentration et tomber.

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Une rencontre dans un non-lieu

Marc Augé a étudié l’espace moderne urbain dans son livre Non-lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité (1992), où il postule un concept qui permet de rendre compte de l’espace tel qu’il se construit dans les villes : « Si un lieu peut se définir comme identitaire, relationnel et historique, un espace qui ne peut se définir ni comme identitaire, ni comme relationnel, ni comme historique définira un non-lieu. » (Augé, 1992, p. 100). Le lieu anthropologique est identitaire parce qu’il est significatif et permet un sentiment d’appartenance; le lieu est relationnel parce que nous y cultivons une relation de socialisation au sens fort du terme, c’est-à-dire que le lieu permet d’inscrire les représentations sociales dans le monde matériel; le lieu est historique parce qu’il a son histoire (personnelle ou commune) qui l’inscrit dans une suite de lieux, une suite culturelle qui sert de référent commun.

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La communion de l’amitié

Vous rencontrez quelqu’un et vous l’appréciez. Vous arrivez lentement à le connaître. Par des conversations et partages, une écoute et un apprentissage, commencent à émerger une image ou une réalité. Vous pensez à eux quand ils sont partis. Vous savez que vous leur importé aussi. La pensée que n’importe quoi pourrait les blesser est douloureuse. C’est l’amitié.

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Un homme vertueux

La vertu n’est pas un mot commun dans notre culture. Il semble même un peu « antique ». Pour certains, il a très peu de sens, ou un sens très éloigné de son sens originel. Cependant, dans la tradition chrétienne, il y a une très longue histoire de l’étude de la vertu. Jusqu’à la Réforme protestante, les pensées sur ce qu’était le « bien » et ce que cela signifiait pour une personne de poursuivre le « bien », étaient presque exclusivement pensées en termes de vertu. Ces dernières années, il y a eu une renaissance dans l’étude de la vertu, menée en particulier par des théologiens tels que Stanley Hauerwas et d’autres. J’ai étudié sous Hauerwas à Duke dans les années 80. Cela m’a profondément impressionné et a depuis marqué ma compréhension de ce que signifie une « bonne personne ».

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