Ed-Dîn par Frithjof Schuon

Article paru dans « Études Traditionnelles » de Mars 1936

A Seyidî Muhammad Djamâl ed-Dîn.

I

Le mot arabe dîn[1] désigne l’ensemble de tout ce que la tradition peut comporter, c’est-à-dire tout ce qui est impliqué dans les trois éléments constitutifs et fondamentaux de la tradition intégrale, à savoir : premièrement la doctrine qui est la base et le point de départ de la réalisation spirituelle ; deuxièmement la méthode de cette réalisation ; et troisièmement l’influence spirituelle qui en est la condition. Si nous nous plaçons au point de vue de la réalisation spirituelle au sens rigoureux du terme, donc au point de vue de la réalisation totale qui est d’ordre initiatique, le dîn sera la tradition envisagée intégralement sous le rapport de cette réalisation ; et comme, au fond, tout élément traditionnel reste rattaché, si indirectement et lointainement que ce soit, à ce qui constitue l’essence même de la tradition, et qui est proprement initiatique, on peut considérer même les applications sociales de cette dernière comme des éléments, très secondaires sans doute, mais néanmoins réels, de la méthode initiatique, et l’on peut entendre par le mot dîn la tradition intégrale en tant que « support » initiatique. Lorsque nous parlerons de doctrine, de méthode et d’influence spirituelle, ce ne seront donc pas exclusivement les théories et les rites ou pratiques directement initiatiques, ou initiatiques par définition, que nous aurons en vue, mais aussi la doctrine et le rituel traditionnel envisagés d’une manière intégrale, mais spécialement sous le rapport de leur essence et de leur portée initiatique.

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Courte réflexion sur l’humilité

C’est seulement si nous sommes éveillés à notre état d’être déchu que l’idée de rédemption peut avoir un sens. ~ Cologero – Gornahoor.net

Cette phrase tirée d’un texte de Cologero résume bien ce que nous pourrions appeler une « étape » à franchir pour une personne voulant acquérir une meilleure conscience d’elle-même. Si nous admettons que nous sommes des êtres déchus, nous admettons par le fait même avoir des faiblesses et c’est seulement lorsque nous connaissons nos faiblesses que nous pouvons mieux nous connaître. L’instrument pour reconnaître ces faiblesses est l’humilité et c’est pour cette raison que les pères de l’Église nous en parlent aussi souvent.

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