Sur l’impulsivité : dites non ou dites oui

Au début des années 1980, la Première Dame des États-Unis Nancy Reagan a lancé une campagne de signature contre la consommation de drogues. Elle l’a appelée « Just Say No » (« Dites seulement non ») aux drogues. L’expression était mémorable, accrocheuse, et semblait être l’essence même de la simplicité. Après des années d’échec dans la « guerre contre la drogue » parrainée par la présidence, beaucoup ont cru que la Première Dame avait trouvé quelque chose qui pourrait fonctionner. Des décennies plus tard, nous savons que la campagne « Just Say No » n’a pas fonctionné. En fait, certains pourraient prétendre que cela a eu l’effet inverse, surtout dans les zones urbaines comme New York où l’épidémie de crack était sur le point de mettre à bas des quartiers entiers. Aujourd’hui, les neuroscientifiques comprennent pourquoi.

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Impulsion, dépendance et les passions

Il ne devrait pas être surprenant pour ceux qui sont familiers avec les luttes individuelles de réaliser que l’impulsion soit le fondement du problème. En termes techniques, il y a une certaine corrélation fondamentale entre la dépendance et l’impulsion. Les gens qui sont impulsifs sont plus vulnérables de développer des comportements liés à la dépendance, parce qu’ils tiennent peu compte des conséquences négatives[1] ou, pour être plus précis, ils préfèrent un soulagement immédiat au lieu d’un délai, un assouvissement instantané à une satisfaction basé sur le long terme. Être impulsif signifie agir sans prévoyance. Et même si ceux qui luttent pour se libérer d’une dépendance savent très bien que ne pas suivre leurs impulsions est plus bénéfique à long terme que de capituler, lorsque la tentation survient, la prévoyance qui nous motive devient une tâche presque impossible, alors l’impulsivité nous submerge. L’impulsivité dans sa forme pathologique peut être définie comme « l’incapacité de réguler, d’être à l’écoute ou de contrôler un comportement ou une émotion »[2].

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Une rencontre dans un non-lieu

Marc Augé a étudié l’espace moderne urbain dans son livre Non-lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité (1992), où il postule un concept qui permet de rendre compte de l’espace tel qu’il se construit dans les villes : « Si un lieu peut se définir comme identitaire, relationnel et historique, un espace qui ne peut se définir ni comme identitaire, ni comme relationnel, ni comme historique définira un non-lieu. » (Augé, 1992, p. 100). Le lieu anthropologique est identitaire parce qu’il est significatif et permet un sentiment d’appartenance; le lieu est relationnel parce que nous y cultivons une relation de socialisation au sens fort du terme, c’est-à-dire que le lieu permet d’inscrire les représentations sociales dans le monde matériel; le lieu est historique parce qu’il a son histoire (personnelle ou commune) qui l’inscrit dans une suite de lieux, une suite culturelle qui sert de référent commun.

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