Dante et la Sainte Apogée de la Tradition Romaine, 2e Partie

Suite de la traduction de Guido Di Giorgio

Si Virgile représente l’ancienne tradition et Béatrice la nouvelle tradition et si, au seuil du Paradis Terrestre, Virgil disparaît devant Béatrice, Béatrice disparaît aussi lorsque le mystère divin est saisi par Dante dans sa réalisation immédiate et ce qui reste alors, au-dessus et au-delà des deux traditions unifiées à jamais est, dans ce moment décisif, Rome.

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Dante et la Sainte Apogée de la Tradition Romaine, 1re Partie

La Tradizione Romana par Guido De Giorigo

Le gisement d’or traditionnel qu’est Rome dans l’unité vivante des deux formes se complétant une et l’autre dans une parfaite harmonie et un équilibre, se trouve entièrement en Dante qui fut le premier à révéler le mystère de la Romanité. Le sacré, produit d’une synthèse créatrice des éléments contenus dans l’ancienne et la nouvelle tradition, démontre qu’il peut être appelé le prophète du Catholicisme Fasciste [Cattolicità Fascista] dans la signification absolue de l’expression.

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Libéralisme et Socialisme

Les hommes de bonnes naissances avaient l’habitude de penser ainsi :

L’école libérale tient pour certain qu’il n’y a d’autre mal que celui qui se trouve dans les institutions politiques léguées par nos pères, et que le bien suprême consiste à abolir ces institutions. La plupart des socialistes, de leur côté, regardent comme hors de doute qu’il n’y a d’autre mal que celui dont la société est la source, et que le grand remède serait dans le bouleversement complet des institutions sociales. Libéraux et socialistes proclament donc d’un commun accord que le mal vient des temps passés; mais les premiers affirment que le bien peut déjà se réaliser dans le temps présent, les seconds que l’âge d’or ne commencera que dans le temps à venir.

Le bien suprême devant être le fruit d’un bouleversement suprême, dans les régions politiques, disent les libéraux, dans les régions sociales, disent les socialistes, les uns et les autres affirment également la bonté substantielle et intrinsèque de l’homme, dont l’action intelligente et libre doit amener ce bouleversement. Cette conclusion, explicitement formulée par les socialistes, est implicitement contenue dans la théorie que soutient l’école libérale, si bien qu’on ne peut la rejeter sans être obligé, sous peine d’inconséquence, de rejeter cette théorie elle-même. La doctrine suivant laquelle le mal est dans l’homme et procède de l’homme est, en effet, en contradiction formelle avec la doctrine suivant laquelle le mal ne serait que dans les institutions, sociales ou politiques, et n’aurait d’autre cause que ces institutions. Quelle est, en bonne logique, la conséquence de la première? Que, pour extirper le mal du gouvernement et de la société, il faut commencer par l’extirper du cœur de l’homme. De même que suit-il de l’autre? Qu’il n’y a pas à s’occuper de l’homme, où le mal n’est pas, et que, pour l’extirper, il faut opérer directement soit sur le gouvernement, soit sur la société, où il a son centre et son origine. La théorie catholique et les théories rationalistes sont donc non-seulement incompatibles, mais encore contradictoires : la théorie catholique condamne tout bouleversement politique ou social comme insensé ou inutile; les théories rationalistes condamnent toute réforme morale de l’homme comme inutile et insensée. Et cela suit rigoureusement de leur principes respectifs; car, si le mal n’est ni dans le gouvernement ni dans la société, pourquoi et pour qui le bouleversement du gouvernement et de la société? Et si, au contraire, le mal n’est pas dans les individus et ne procède pas des individus, pourquoi et pour qui la réforme intérieure de l’homme? ~ Donoso Cortès – Essai sur le Catholicisme, pp. 304-306

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Être sourd à la vie

La vie de l’homme est dans le devenir; et non seulement dans le devenir, mais dans l’autocréation. Il ne grandit pas sous la direction et le contrôle de forces irrésistibles. La force qui le forme est sa propre volonté. Toute sa vie est un effort afin d’atteindre sa vraie nature humaine. Mais la nature humaine, puisque l’homme est un esprit inférieur, est seulement illustrée par l’esprit absolu de Dieu. L’homme doit donc se former à l’image de Dieu, ou il cesse de devenir humain et devient diabolique. Cette autocréation doit aussi être une connaissance de soi; non la connaissance de soi par l’introspection,  l’examen du soi qui « est », mais la connaissance de Dieu, le soi qui doit être. La connaissance de Dieu est le début, le centre et la finalité de la vie humaine. ~ R. G. Collingwood

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Civilisation qualitative

Le vrai progrès respectera toujours la ligne de développement formel de l’homme. Elle donnera lieu à une civilisation qualitative telle que fut la civilisation de la Grèce au IVe siècle av. J.-C. et, à un degré plus élevé, la civilisation de l’Europe occidentale au XIIIe siècle. Si l’attention des gens est détournée des choses spirituelles et tournée vers les conquêtes matérielles, vers la culture de l’utile, c’est-à-dire de tout ce qui sert à favoriser les relations humaines et l’assouvissement des besoins corporels et aux conforts de l’homme, l’orientation de la vie change graduellement. Les moyens deviennent la fin. La civilisation est quantitative plutôt que qualitative.

~ Denis Fahey, The Mystical Body of Christ in the Modern World (p. 140)

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L’Esprit de Joseph de Maistre

Joseph de Maistre était un Hermétiste (de l’école de Martines de Pasqually et Louis-Claude de Saint-Martin), Traditionaliste, Réactionnaire, Européen, et une source de l’Idée russe. Pour sa défense, Julius Evola inclut Maistre parmi ces hommes bien élevés ayant des idées saines et normales d’avant la Révolution française. Dans ce bref commentaire des Soirées de Saint-Pétersbourg, Evola révèle encore sa haute estime pour Maistre, malgré leurs désaccords fondamentaux sur la religion et la providence.

Dans «Materalism and the Task of Anthroposophy», Rudolf Steiner dit ceci au sujet de Joseph de Maistre :

Avec Maistre, une personnalité du plus grand génie imaginable, d’une spiritualité incontestable, mais Catholique Romaine jusqu’au bout des ongles, apparait sur la scène.

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Les soins de l’âme

Cet article est la conclusion du compte rendu de La vision de l’homme chez Platon par Constantine Cavarnos, disponible à de l’Institut pour les Études byzantines et grecques modernes.

Je ne fais que vous persuader, vieux et jeunes, de ne vous soucier ni de vos corps, ni de l’argent, mais seulement de la perfection de vos âmes. ~ Apologie

Il n’y a rien, et n’y aura jamais rien, de plus important que culture de l’âme. ~ Phèdre

Lorsque l’âme et le corps sont unis, la nature ordonne au corps de servir et d’être gouverné, et l’âme de régner et d’être maître. ~ Phédon

Âme, corps, argent

Le soin de l’âme est fondamental, parce qu’une personne est âme. Ce n’est pas ce qu’une personne a, mais ce qui constitue sa véritable dignité. Lire la suite

Sensible et Non-sensible

Nous sommes des hommes du moyen âge, non seulement parce que c’est notre destin, la fatalité de l’histoire, mais aussi parce que nous le voulons. Vous, vous êtes encore des hommes modernes, parce que vous refusez de choisir. ~ Nicolas Berdyaev

La puissance d’un nouveau moyen âge est requise. ~ Julius Evola, Impérialisme Païen

Samsara est Nirvana ~ Nagarjuna

Le sensible est le symbole du divin ~ Saint Bonaventure

Les attaques contre la puissance d’un nouveau moyen âge sont constantes, et parviennent parfois de sources inattendues. Récemment un argument bizarre circulait sur Internet. Il revendique que le point de départ de la métaphysique de Thomas d’Aquin, en sous entendant que cette connaissance s’acquiert par les sens, «mène» au monde moderne. Lorsque questionné sur la signification de ce «mène», l’auteur n’a pas de réponse. Soit il y a une nécessité logique ou empirique qui contraint à une conclusion à partir des prémisses, ou il n’y en a pas.

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Une cosmologie ancienne

Nous sommes des hommes du moyen âge, non seulement parce que c’est notre destin, la fatalité de l’histoire, mais aussi parce que nous le voulons. Vous, vous êtes encore des hommes modernes, parce que vous refusez de choisir. ~ Nicolas Berdyaev

Pour comprendre le Moyen Âge, The Discarded Image de C. S. Lewis, est indispensable. Il a une perspicacité remarquable, même si sa perspective et ses motifs diffèrent des nôtres. Dans cette discussion, je vais utiliser les concepts traditionnels comme un complément à ce que Lewis a écrit. Tout d’abord, il souligne que les Médiévaux étaient tout à fait conscients du Logos, ou « Ordre Cosmique ». Lire la suite

Êtes-vous un contre-révolutionnaire ?

Ce qui est nécessaire n’est pas une révolution dans le sens contraire, mais l’opposé d’une révolution.
~ Joseph de Maistre

Mes principes ne sont que ceux qui, avant la révolution française, chaque personne noble considérait saine et normale.
~ Julius Evola

Au moment où la droite est dans un état de confusion, nous sommes témoins de nombreuses tentatives de définition. Le terme «conservateur», avec toutes ses qualités floues ne satisfait pas. Mais le mot « droite » est vague, ne voulant pas dire bien plus que « non à gauche », en dépit des tentatives de définition d’une Nouvelle Droite ou d’une Droite Alternative comme s’il y avait un droite culturellement dominante.

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