La Tradition et la réalisation par Guido de Giorgio

                Tout développement est intégration, restauration du fragment dans le corps unique de la « Réalité ». Résurrection – comme retour. Retour, en tant que dépassement de la limitation spatiale et temporelle qui est condition de l’existence humaine, par la réduction de cette limitation dans le symbole de l’horizontale et de la verticale, dont le point d’intersection et de confluence, le point concrétionnel, est l’homme. Si l’on prolonge les deux directions, le point de rencontre de l’horizontale et de la verticale comme fin, chute, limitation, devient point vivant, centre irradiant – l’homme, l’Homme Universel. Tel est le symbolisme de la Croix – la Croix des éléments : Feu en haut, Terre en bas, Air à droite, Eau à gauche. Au centre le Nom ineffable. Celui qui embrasse tout s’embrasse lui-même : en se dissolvant il s’intègre, en s’intégrant il se conquiert, en se conquérant il se réalise, en se réalisant il est.

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Des qualificatifs initiatiques (fin) par René Guénon

2e Partie

Article paru dans « Études Traditionnelles » de juin 1936

Si nous considérons les infirmités ou les simples défauts corporels en tant que signes extérieurs de certaines imperfections d’ordre psychique, il conviendra de faire une distinction entre les défauts que l’être présente dès la naissance, ou qui se développent naturellement chez lui, au cours de son existence, comme des conséquences d’une certaine prédisposition, et ceux qui sont simplement le résultat de quelque accident. Il est évident, en effet, que les premiers traduisent quelque chose qui peut être regardé comme plus strictement inhérent à la nature même de l’être, et qui, par conséquent, est plus grave au point de vue où nous nous plaçons, bien que d’ailleurs, rien ne pouvant arriver à un être qui ne corresponde réellement à quelque élément plus ou moins essentiel de sa nature, les infirmités d’origine apparemment accidentelle elles-mêmes ne puissent être regardées comme entièrement indifférentes à cet égard. D’un autre côté, si l’on considère ces mêmes défauts come obstacle directs à l’accomplissement des rites ou à leur action effective sur l’être, la distinction que nous venons d’indiquer n’a plus à intervenir; mais il doit être bien entendu que certains défauts qui ne constituent pas de tels obstacles n’en sont pas moins, pour la première raison, des empêchements à l’initiation, et même parfois des empêchements d’un caractère plus absolu, car ils expriment une « déficience » intérieure rendant l’être impropre à toute initiation, tandis qu’il peut y avoir des infirmités faisant seulement obstacle à l’efficacité des méthodes « techniques » particulières à telle ou telle forme initiatique.

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La doctrine du « corps immortel » par Julius Evola

Article de Julius Evola paru dans la revue « UR » en 1927.

Traduction de Gérard Boulanger.

                A l’enseignement traditionnel concernant l’immortalité correspond la doctrine du « triple corps » – ou, plus simplement, du corps immortel – sur laquelle nous allons nous arrêter brièvement.

                Précisons immédiatement que le terme « corps » est employé ici d’une façon analogique pour désigner de nouvelles formes de conscience et d’action que le Moi peut faire siennes, en vertu de possibilités qui, toutefois, dépassent le commun des mortels. De sorte que la doctrine en question – comme toute doctrine ésotérique – ne peut être considérée comme vraie que dans le cadre propre à l’aristocratie restreinte de ceux qui sont parvenus à fouler le sentier de l’initiation. En parler à propos de l’homme ordinaire n’aurait aucun sens : pour lui n’existent ni les trois, ni les sept, ni les neuf corps, ni tous ceux que l’on pourrait se plaire à imaginer – pour lui n’existe tout simplement que son propre état humain de conscience conditionné par sa relation réciproque avec l’organisme physique, et c’est tout.

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Sur la conception magique de la vie* par Julius Evola

Article de Julius Evola paru dans la revue « UR » en 1927.

Traduction de Gérard Boulanger.

*Le titre du présent article ne doit pas conduire à attribuer une portée générale aux idées qui y sont développées. Il est plutôt question ici d’une « vérité » à assumer à un moment donné de sa propre évolution, en vue d’une libération et d’une purification préliminaire de l’âme. C’est avant tout dans le cadre de la « voie des guerriers » – des kshatriya, pour reprendre la terminologie hindoue – qu’elle pourra revêtir cette forme. Mais une fois que les fruits d’une telle discipline auront été cueillis, de nombreuses autres perspectives pourront se présenter, voire se substituer au point de vue propre à la véritable réalisation transcendante. (N. de U.)

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Comment nous posons le problème de l’immortalité par Julius Evola

Article de Julius Evola paru dans la revue « UR » en 1927.

Traduction de Gérard Boulanger.

             L’affirmation d’« Abraxa » dans « UR » no 1, p. 11 : – « Ils mentent effrontément ceux qui promettent au fantôme de ton « Moi » une quelconque persistance après la mort de ton corps » – a suscité un certain scandale chez beaucoup de nos lecteurs. Et puisque nous ne pouvons que confirmer la rigoureuse orthodoxie d’une telle affirmation, il paraît utile de clarifier davantage notre position en ce domaine.

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Avicenne – La logique, 2e partie

Texte tiré de « Le livre de science » d’Avicenne.

 

DÉBUT DE LA LOGIQUE – EXPLICATION DE CE QU’ON APPELLE « SIMPLE » PARMI LES TERMES ET LES IDÉES

Il faut savoir qu’il y a deux sortes de termes. L’un est celui qu’on nomme simple et qui consiste en ceci : les éléments du terme ne désignent pas les éléments du sens; par exemple, quand tu dis Zaïd ou Mohammed; de même pour homme et sage[1]. L’autre sorte est dite composée et consiste en ceci : les parties du terme désignent les parties du sens; par exemple, tu dis « l’homme est sage » ou bien « l’homme sage ».

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Avicenne – La logique 1er partie

Texte tiré de « Le livre de science » d’Avicenne.

EXPOSÉ DU BUT DE LA LOGIQUE ET DE SON UTILITÉ

Le savoir est de deux sortes.

L’une est le concept (qu’on nomme en arabe : taçavvor); par exemple, si quelqu’un dit : « homme, fée, ange » (et tout ce qui y ressemble), tu comprends et tu conçois ce qu’il entend par là.

L’autre est le jugement : par exemple, tu juges que la fée existe ou que « l’homme est soumis à l’ordre » (et tout ce qui y ressemble) – ce qu’on nomme en arabe : taçdîq.

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