Des qualificatifs initiatiques (fin) par René Guénon

2e Partie

Article paru dans « Études Traditionnelles » de juin 1936

Si nous considérons les infirmités ou les simples défauts corporels en tant que signes extérieurs de certaines imperfections d’ordre psychique, il conviendra de faire une distinction entre les défauts que l’être présente dès la naissance, ou qui se développent naturellement chez lui, au cours de son existence, comme des conséquences d’une certaine prédisposition, et ceux qui sont simplement le résultat de quelque accident. Il est évident, en effet, que les premiers traduisent quelque chose qui peut être regardé comme plus strictement inhérent à la nature même de l’être, et qui, par conséquent, est plus grave au point de vue où nous nous plaçons, bien que d’ailleurs, rien ne pouvant arriver à un être qui ne corresponde réellement à quelque élément plus ou moins essentiel de sa nature, les infirmités d’origine apparemment accidentelle elles-mêmes ne puissent être regardées comme entièrement indifférentes à cet égard. D’un autre côté, si l’on considère ces mêmes défauts come obstacle directs à l’accomplissement des rites ou à leur action effective sur l’être, la distinction que nous venons d’indiquer n’a plus à intervenir; mais il doit être bien entendu que certains défauts qui ne constituent pas de tels obstacles n’en sont pas moins, pour la première raison, des empêchements à l’initiation, et même parfois des empêchements d’un caractère plus absolu, car ils expriment une « déficience » intérieure rendant l’être impropre à toute initiation, tandis qu’il peut y avoir des infirmités faisant seulement obstacle à l’efficacité des méthodes « techniques » particulières à telle ou telle forme initiatique.

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La doctrine du « corps immortel » par Julius Evola

Article de Julius Evola paru dans la revue « UR » en 1927.

Traduction de Gérard Boulanger.

                A l’enseignement traditionnel concernant l’immortalité correspond la doctrine du « triple corps » – ou, plus simplement, du corps immortel – sur laquelle nous allons nous arrêter brièvement.

                Précisons immédiatement que le terme « corps » est employé ici d’une façon analogique pour désigner de nouvelles formes de conscience et d’action que le Moi peut faire siennes, en vertu de possibilités qui, toutefois, dépassent le commun des mortels. De sorte que la doctrine en question – comme toute doctrine ésotérique – ne peut être considérée comme vraie que dans le cadre propre à l’aristocratie restreinte de ceux qui sont parvenus à fouler le sentier de l’initiation. En parler à propos de l’homme ordinaire n’aurait aucun sens : pour lui n’existent ni les trois, ni les sept, ni les neuf corps, ni tous ceux que l’on pourrait se plaire à imaginer – pour lui n’existe tout simplement que son propre état humain de conscience conditionné par sa relation réciproque avec l’organisme physique, et c’est tout.

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