Comment nous posons le problème de la connaissance par Julius Evola

Article de Julius Evola paru dans la revue « UR » en 1927.

Traduction de Gérard Boulanger.

Celui qui aborde nos sciences avec l’intention d’en tirer quelque profit doit, avant toute autre chose, considérer avec la plus grande attention ce point fondamental : le problème de la connaissance – et la signification de la connaissance elle-même – se présentent ici d’une manière tout à fait différente de celle que l’on rencontre dans les divers secteurs de la culture contemporaine.

Connaître, pour nous, ne signifie pas « penser », mais être ce que l’on connaît : en le vivant, en le réalisant. On ne connaît pas vraiment une chose tant qu’on ne peut transformer sa conscience en elle.

Ce qui résulte d’une expérience immédiate, directe, individuelle : voilà par conséquent ce que nous appellerons « connaissance ». Une sensation (douleur, couleur, soif, etc.) – telle est sa caractéristique. Parler de « vrai » ou de « faux » n’a aucun sens : ici il ne peut y avoir d’incertitude – la chose est la connaissance même de cette chose, selon un est absolu qui ne requiert nul assentiment intellectuel. Nous refusons toute gradation, approximation ou probabilité en matière de connaissance : ou l’on sait, ou l’on ne sait pas. Il est préférable de savoir que l’on ne sait pas plutôt que de « croire ». Et tant que l’on n’a qu’une pensée approximative des choses, on ne sait en réalité rien d’elles.

Ce que je saisis directement par l’intermédiaire d’une vision, d’une expérience, ou d’une sensation : c’est cela qui, en d’autres termes, est réel – le reste n’est que du vent. Tandis que pour la mentalité moderne il en va tout autrement : c’est en effet ce qui lui apparaît immédiatement qu’elle appelle « phénomène », et derrière celui-ci elle pose une irréalité – un concept, un principe abstrait, une apparence de foi (comme par exemple la « chose en soi » des philosophes, l’« Absolu » des croyants, la « matière » ou les divers modes de vibration de l’éther scientifique) – comme la véritable réalité.

Le « sacrificium intellectus » et le plus grossier empirisme réduit à la contingence de la réalité matérielle et au flux changeant des sensations et des perceptions de l’« ici et maintenant » – c’est donc cela, demandera-t-on, l’expression de votre « Sagesse » ? Exactement – du moins tant que l’on restera sur le plan de l’expérience sensible et que l’on ne concevra rien en dehors d’elle, si ce n’est comme objet d’hypothèse et de ratiocinations. Mais, précisément, nous, nous n’avons jamais prétendus que l’on parle de la même chose lorsqu’on parle d’expérience et d’expérience sensible! Nous soutenons, au contraire, la possibilité d’autres formes d’expériences – parmi lesquelles celle des sens n’est qu’une forme particulière – qui correspondent chacune à un mode déterminé de percevoir la réalité et qui sont susceptible de se modifier mutuellement et de se hiérarchiser jusqu’à une expérience-limite ayant un caractère d’absolu. Nous soutenons par conséquent la possibilité d’un certain mode de connaître qui – tout en étant aussi direct, aussi concret et aussi individualisé que celui propre à l’expérience sensible – est à même de saisir, au contraire, les éléments en dehors de cette finitude propres au monde sensible – que le savoir profane ne transcende pas, sinon à la condition expresse de transcender également tout ce qui constitue « le savoir » authentique : c’est-à-dire une vision, une évidence individuelle et vivante.

Il n’y a pas une réalité finie et une réalité absolue, mais bien plutôt une façon finie et une façon absolue d’expérimenter la réalité, un regard fini et un regard absolu – tel est le point fondamental : c’est au niveau de l’intériorité de l’individu que le problème se situe. Le phénoménal et l’illusoire signifient simplement : ce qui, par rapport à un état du Moi, est réel. Et l’absolu signifie : ce qui, par rapport à un autre état – absolu – du Moi, est réel et sur lequel le premier peut déboucher s’il se transforme en conséquence.

Quant à la mesure de l’absoluité, celle-ci s’apprécie au degré d’identification active, au degré d’implication et d’unification du Moi avec l’expérience. Plus la « quantité » de Moi est grande – et plus, en contrepartie, celle de non-Moi est faible – dans le cadre d’une expérience donnée, et plus celle-ci sera réelle et absolue. Et c’est en fonction d’une « quantité » de Moi toujours croissante, que l’on s’élève de « nom » en « nom » et de « signe » en « signe » dans une hiérarchie dont le sommet est cet état d’identité parfaite, d’éveil, de vision intellectuelle, de totale réalisation d’une chose dans le Moi et du Moi dans une chose – qui se manifeste par un état de puissance et, simultanément, un état d’évidence absolue vis-à-vis de la chose même : un état où il n’y a plus rien à demander, où ratiociner – et même parler, tout simplement – devient superflu.

De sorte que le problème ne se pose pas comme ceci : « Existe-t-il une réalité absolue derrière ce que je perçois? » mais comme cela : « Existe-t-il un mode de perception tel que ce qui lui correspond ait le caractère d’une réalité absolue? ». Par conséquent, la vraie question doit se poser finalement ainsi : « Comment puis-je m’élever à un tel mode de perception? Quels sont les moyens, quelles sont les voies pour opérer cette élévation ? ». En sorte que le problème de la connaissance se révèle être uniquement d’ordre pratique, presque technique. Mutation et intégration du Moi : tel est le point fondamental. Connaissance, évidence suprasensible et puissance métaphysique n’en sont que les conséquences.

Que, dans ces conditions, il ne soit pas possible de prétendre évaluer les enseignements initiatiques à l’aune des critères propres à la connaissance profane, c’est là une évidence. Il faut choisir : ou bien renoncer à la partie ou bien se disposer à admettre la possibilité d’autres unités de mesure.

La première difficulté réside dans « l’ineffable ». Selon la culture moderne, c’est un usage établi de considérer l’être intelligible et l’être discursif, sinon comme une seule et même chose, du moins comme deux choses inséparablement liées. Toutefois, sur le plan de tout ce qui est du domaine de la seule expérience, les mots ne pourront jamais réussir qu’à évoquer, et non pas à exprimer ou à communiquer quelque chose à qui ne le posséderait pas déjà. Avec les mots du langage courant, on ne parvient à quelque résultat qu’en supposant que chacun possède un acquis d’expérience à peu près égal pour tous. Alors que cet acquis, dans le domaine de l’ésotérisme, ne peut être que très différent pour chacun : de sorte qu’ici les mots sont, plutôt qu’une aide, la source d’embarras et de confusions. D’où l’importance de l’usage de symboles et d’expressions spécifiques qui, évidemment, peuvent inquiéter le profane accoutumé à la terminologie profane aux concepts mentaux abstraits – mais qui pourtant sont aptes à conserver et à condenser de la meilleure façon possible la richesse et l’intime évidence propres à l’expérience extérieure, à ce qu’est l’illumination d’un « ceci » saisi au moyen d’une vision non-sensible.

Certes, on pourrait toujours objecter que cela revient à rester enfermé dans le domaine subjectif, puisqu’on a coupé tous les ponts et supprimé à priori toute possibilité de contrôle, tout critère concret permettant de distinguer entre ce qui est du domaine de l’arbitraire et des phantasmes privés d’une part et ce que peut être un savoir objectif d’autre part. Il faudrait toutefois commencer par s’entendre sur la signification de l’« objectivité ». Il est un fait que toute la culture moderne (et particulièrement la science) est dominée par une tendance démocratique, socialisante et réductionniste dont nous n’avons aucune intention, loin de là, d’être les victimes. Pour elle, une vérité ne peut être établie que dans la mesure où chacun – qu’elle que soit la façon dont il vit et sous prétexte qu’il possède une certaine instruction – peut la reconnaître pour telle. Il va sans dire que cette façon de voir ne peut convenir que tant qu’il s’agit de quelque chose de purement conceptuel, que l’on peut faire entrer dans les cerveaux comme un objet dans un sac – sans que, parallèlement, celui qui est censé « être » soit tenu le moins du monde de se transformer et de se remettre en question. Mais quand il s’agit d’une vérité qui, au contraire, s’identifie à l’évidence d’expérience vécues n’ayant plus rien à voir avec l’expérience commune des gens, un tel critère paraît totalement absurde. Il n’y a qu’une échappatoire : tenter de se hisser, par un acte libre et créateur, au même niveau que celui qui expose l’enseignement, de façon à éprouver la même expérience. En opposition avec la tendance démocratisante moderne qui vise à « vulgariser » à dépouiller de sa puissance le supérieur à l’usage de l’inférieur afin que le plus grand nombre puisse en tirer profit sans se remettre en question ni cesser d’être inférieur, nous affirmons avec force la tendance inverse : ce n’est pas à nous de descendre à leur niveau, mais à eux de se hisser au nôtre, en se dignifiant, en gravissant pour de bon la hiérarchie des êtres – s’ils ne veulent pas que les portes de la connaissance restent irrémédiablement closes.

C’est pourquoi ceux qui, réellement, sont quelque chose sur le plan initiatique, ont peu de goût pour le bavardage et la discussion. Ils vous répondront simplement, s’ils ont découvert en vous une aspiration vers ce qu’ils ont eux-mêmes accomplis, « Tel est le problème et tels sont les moyens : poursuivez votre route ». De même qu’après avoir écouté le récit d’un voyageur quelqu’un, ne croyant pas devoir y prêter foi ni se contenter d’une abstraite description verbale, peut décider d’accomplir exactement le même voyage – de même celui-ci s’assurera-t-il par sa propre et vivante expérience (tout aussi individuelle et incommunicable) de ce que l’autre avait tenté de lui faire partager à partir d’une expérience identique. En ce domaine, le critère ne peut être que celui de l’expérimentation absolue, du positivisme. Une réalisation qui est objective tout en restant absolument individuelle : telle est la caractéristique de la connaissance initiatique, au contraire de la connaissance profane dont l’objectivité, comme nous l’avons dit, n’est atteinte qu’à condition de transcender tout ce qui est vie, signification et expérience individuelle en quelque chose d’abstrait, d’impersonnel, de problématique, de social, pour ne pas dire carrément de conventionnel.

A celui qui objecterait que les choses ne sont pas très différentes lorsque tout se trouve déduit à un système rationnel d’hallucinations et d’autosuggestions, nous ferons observer que la voie initiatique n’est précisément pas celle de la mystique, où, plus qu’ailleurs, on se satisfait d’émotions et d’états d’âme plus ou moins spécieux.

Nous soulignons qu’ici, au contraire, il est question de réalisations qui tendent à un dépassement effectif et objectif des limites propres à la nature humaine : dépassement qui, à travers ses possibles manifestations et matérialisations, peut faire l’objet de vérifications au moins aussi « expérimentales » que celles des sciences physiques. De sorte que, lorsque l’on voit un être, dans le cadre d’une discipline donnée, se rendre maître et dominer totalement son propre corps, son propre esprit et sa propre affectivité, jusqu’à en disposer totalement comme s’il s’agissait d’animaux domestiques; lorsque l’on sent en lui une supériorité et une vie infatigable et solaire plus forte que la faim ou le sommeil, lorsqu’enfin, de lui émanent des pouvoirs propres à une connaissance transcendant les conditions spatio-temporelles et à une action qui n’est plus réductible aux déterminismes du monde physique – évidemment, on peut encore parler de « suggestions » mais il va de soi que la « suggestion » dont il est question est plus réelle que n’importe quelle « réalité ». Ici, les pâles convictions échafaudées par les syllogismes humains laissent place à cette sagesse de Dieu qui, suivant la parole paulinienne, s’affirme non pas par des discours mais par des œuvres de puissances et de prophétie. A ce sujet, c’est le lieu de citer ici d’après J. Evola (in L’Uomo come Potenza, Romme 1926, p. 43)[1] le passage suivant d’un texte hindou : « C’est le propre de la femme que de se donner la peine de justifier une supériorité à partir d’arguments discursifs, mais c’est le propre de l’homme de conquérir le monde par sa propre puissance. De sorte que les raisonnements et les inférences, nous les abandonnons aux autres écoles : à nous, il importe seulement d’accomplir des actions surhumaines et divines grâce à la puissance de nos mantras »[2].

Ainsi le problème de la connaissance et le problème critériologique se confondent avec celui de la puissance. Là où « connaître » signifie « être », « certitude » signifie « puissance ». À partir de là, nous sommes à même de répondre à une autre objection qui peut être soulevée à propos de ce que nous avons dit jusqu’ici et qui a été effectivement avancée par Schelling (Zur Geschichte d. neuer. Philos. S.W. t. X, p. 188) On pourrait dire : « Ce radicalisme expérimental n’est rien d’autre qu’un mesquin empirisme : il ne permet ni d’expliquer, ni de comprendre, ni de répondre au pourquoi des choses. Celui-là aussi qui, selon un processus transcendant, parviendrait aux états dont vous parlez en s’y identifiant au lieu de les expliquer, devient lui-même quelque chose qui a besoin d’être explicité ». Ici, il ne serait pas mauvais, à propos « d’explication » et de « rationalité » de revenir sur des opinions – que, d’une façon un peu trop frivole, la mentalité moderne tient pour sûres et certaines – et demander ce que l’on entend exactement par ces mots. Celui qui prétend qu’expliquer signifie « démontrer que son contraire est inconcevable » est tenu de préciser dans quel domaine – sinon dans celui, purement abstrait, des mathématiques ou de la logique formelle ( où la « nécessité » n’est simplement que la conformité à des conventions préalablement fixées) – il est en mesure d’« expliquer » effectivement quoi que ce soit. Nous, nous entendons nous référer à la réalité concrète – où il n’y a absolument rien qui soit « parce que son contraire est inconcevable », rien à propos duquel on ne puisse toujours demander « Pourquoi comme cela et pas autrement? ».

Deux solutions se présentent alors : ou bien renoncer à l’« explication », dire franchement « C’est ainsi parce que c’est ainsi » et rester là à regarder (telle est précisément la démarche empirique ou scientifique). Ou bien dire « C’est ainsi parce qu’une volonté le veut ainsi et non autrement ». Cette alternative, alors, nous conduit à cette autre : « Quel rapport est-ce que j’entretiens avec une telle volonté? Un rapport d’altérité ou bien un rapport d’identité? » Dans le premier cas, ceci nous renvoie à l’incertitude empiriste : dans la mesure où, devant une « autre » volonté, je ne peux être sûr de rien, où rien ne peut me garantir que celle-ci, tout d’un coup, ne pourrait pas vouloir différemment. Ce n’est que dans le second cas qu’une certitude, que l’évidence d’une explication supérieure est possible. En d’autres termes : il n’y a d’explication réelle que dans un état de puissance, que là où j’ose référer à moi-même, selon un rapport de domination, la « raison » d’être – ou tout au moins d’être ainsi et non autrement – d’un phénomène donné.

Cela signifie que le fait se résout en un pouvoir (c’est ce qu’on appelle la « connaissance » des causes qui signifie précisément « l’identification aux causes »[3] lié à la sécurité d’ordre supérieur de celui qui sent qu’une chose est en son pouvoir, prête à obéir, et qui voit sa possibilité – c’est cet état magique qui crée « l’absolue raison », le pur état de droit. Dans la mesure où la voie initiatique y tend, le considérant comme la seule et unique « explication », elle démontre qu’elle n’est donc que bien peu « irrationnelle » et qu’en comparaison tout autre « raison » devient abstraite, précaire, conditionnée et sans vie.

Dans le même ordre d’idées, relevons pour finir pendant que nous y sommes, l’opposition entre ce qui est propre à la culture initiatique et ce qui est propre à la culture profane – où, par le biais de la pseudo-puissance mécanique, se voit confirmée une fois de plus sa structure essentiellement démocratique et impersonnelle. De même que la philosophie moderne a pour idéal un savoir banalisé, social, bon pour tous, anorganique et transmissible comme un objet – de même la science, dans ses applications techniques, a produit une puissance tout aussi impersonnelle et anorganique, fait d’automatismes qui produisent rigoureusement les mêmes effets, quel que soit l’agent, et au regard desquels les différences entre individus ne représentent rien. Toute l’immoralité d’une telle puissance – qui appartient à tous et à personne, qui n’est pas une valeur, qui dénie la justice, qui peut rendre quelqu’un plus puissant sans en faire, dans le même temps, quelqu’un de supérieur – cette immoralité apparaît clairement. Par contre n’apparaît nullement – même pas à l’état d’ombre – le fait qu’une chose n’est possible que si elle procède d’un acte vrai et approprié : aucun effet n’est relié, directement et inconditionnellement, au Moi en tant que cause. Entre les deux il n’existe qu’une série de déterminisme et de lois conditionnant l’efficacité – mais que l’on connaît sans les comprendre et qu’on ne retient pour constants et uniformes que par un pur acte de foi. De ce que l’individu, à travers une puissance individuelle, une puissance directe née d’une supériorité, peut recéler d’incommunicable et d’essentiel – de spirituel – la simple technique scientifique ne dit pas un mot. Au contraire, l’individu d’aujourd’hui malgré sa connaissance des phénomènes et ses innombrables et démoniaques machines, n’a jamais été aussi misérable et impuissant – toujours davantage conditionné et conditionnant, dévalant toujours davantage une pente où la nécessité de vouloir se réduit à presque rien – où sa propre signification, la flamme inextinguible de sa propre entité vacille peu à peu sous les coups d’une fatigue, d’un abandon, d’une dégénérescence.

Avec les « universaux » de sa science qui ne sont rien de plus que des abstractions conceptuelles et mathématiques, il pourra parvenir à détruire, ou à créer, un monde – mais son rapport réel avec les événements n’en sera pas modifié pour autant : la flamme continuera à le dévorer, les modifications organiques continueront à troubler sa conscience, le temps continuera à le dominer de sa loi. D’une façon générale, il sera absolument le même être qu’avant, dans la même situation contingente propre au niveau où se situent, dans la hiérarchie des êtres, l’homme et out ce qui n’est qu’humain.

Dépasser un tel niveau, se réaliser, réaliser l’action en la libérant, en faisant en sorte qu’elle agisse non pas en deçà mais au-delà des déterminismes naturels, non pas sur les phénomènes, mais sur les causes de ceux-ci, d’une façon irrésistible et selon le droit propre à ce qui est supérieur : c’est cela qui au contraire, caractérise la seule voie de la puissance que, nous, nous connaissions.

Ici la puissance devient justice, elle sanctionne une dignité, elle est l’émanation essentielle, naturelle et inaliénable d’une vie intégrée. Les « principes universels » qui se révèlent au-delà du chaos et de l’incertitude des phénomènes sensibles ne sont ni des formules ni d’abstraits principes explicatifs mais au contraire des êtres réels saisis grâce à cette perception spirituelle immédiate que le Mage est appelé à comprendre et à dominer intérieurement jusqu’à ce qu’il réalise finalement la vérité énoncée par la formule hermétique : « Infini, totalement dans tout, composé de tous les pouvoirs ».

[1] Noter qu’Evola utilisait un pseudonyme pour ses articles dans Ur

[2] Les mantra expriment, dans la tradition hindoue, les « Noms de Pouvoir » dont nous traiterons dans un prochain numéro.

[3] Quand on aura compris que la connaissance a le sens d’une identification et d’une réalisation, on ne sera plus étonné de cette habitude, dans les textes hindous, où après avoir expliqué le mode et les attributs des divinités, on ajoute que celui qui « connaît » cela acquiert tel ou tel « pouvoir ». De même qu’on ne s’étonnera plus d’entendre parler, chez un Éliphas Lévi par exemple, d’un « secret » qui une fois « connu » ou « transmis », donnera la clef de la force. Seuls des imbéciles peuvent croire qu’il s’agit là de simples mots comme : « chat », « poire », « ammoniac » que nous, ou d’autres, peuvent leur communiquer verbalement ou par écrit ou même, si l’on préfère, par télégramme ou par radio!

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