La descente dans l’Hadès

Charles Williams, un des membres du cercle d’amis de C.S. Lewis, a écrit un livre s’intitulant : « La descente en Enfer. »  Nous y retrouvons la chronique d’une lente et inexorable damnation d’une âme, les choix qui sont faits et ne sont pas faits – une chronique qui porte plus sur l’ennui spirituel que sur une rébellion volontaire – c’est un roman qui donne à réfléchir.

Il y a une compréhension de l’enfer qui va bien au-delà du lac de feu brûlant typique de la Géhenne. Ces images, bien que Biblique, ne nous décrivent pas toujours pleinement le caractère existentiel de l’enfer. Il est donc commun de nos jours nous représenter l’enfer comme nous nous représentons le paradis – comme une alternative à laquelle nous faisons face dans la vie après la mort. Aucune de ces alternatives n’est considérée au présent ou ayant un lien quelconque avec la vie de tous les jours autrement que comme une éventuelle conséquence.

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La beauté de la vérité et l’existence de Dieu

Quel est le critère de la droiture d’une vie ? La beauté. – Père Pavel Florensky

C’est notre habitude de penser la Vérité comme, plus ou moins, une description correcte ou une déclaration correcte. En tant que telle, la beauté appartient à un autre domaine de la pensée. La beauté ne peut être « correcte » ou « incorrecte ».

Dans la pensée orthodoxe, la Vérité est comprise comme une question d’être (elle est ontologique). Si quelque chose est vrai, alors il a l’être vrai, l’existence vraie. Ainsi, les choses imaginaires peuvent être décrites de plusieurs façons, mais jamais comme « vraies ». L’existence vraie ou réelle n’est qu’une partie de l’explication. Car c’est Dieu seul qui possède l’être véritable (« le seul Dieu véritablement existant » selon les paroles de saint Basile le Grand). La vraie existence des choses créées est relative à l’être de Dieu. C’est Dieu qui crée et établit toutes choses et soutient toutes choses dans leur existence (aucune chose créée n’a d’existence en soi). L’être véritable (ou la Vérité) est une existence qui est selon la volonté de Dieu – selon une relation juste avec le Seul Vraiment Existant.

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Être sourd à la vie

La vie de l’homme est dans le devenir; et non seulement dans le devenir, mais dans l’autocréation. Il ne grandit pas sous la direction et le contrôle de forces irrésistibles. La force qui le forme est sa propre volonté. Toute sa vie est un effort afin d’atteindre sa vraie nature humaine. Mais la nature humaine, puisque l’homme est un esprit inférieur, est seulement illustrée par l’esprit absolu de Dieu. L’homme doit donc se former à l’image de Dieu, ou il cesse de devenir humain et devient diabolique. Cette autocréation doit aussi être une connaissance de soi; non la connaissance de soi par l’introspection,  l’examen du soi qui « est », mais la connaissance de Dieu, le soi qui doit être. La connaissance de Dieu est le début, le centre et la finalité de la vie humaine. ~ R. G. Collingwood

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La Beauté Salvatrice

« Dieu va sauver le Monde par la Beauté »

Cette phrase, souvent attribuée à Fédor Dostoïevski, ne se retrouve jamais sous cette forme précise dans ses romans – mais l’idée y est présente de manière si forte qu’elle lui est attribuée en toute légitimité. C’est une phrase qui peut être facilement mal interprétée. Pour Dostoïevski, à la manière Orthodoxe, la beauté est bien plus qu’esthétique – elle est la bonté de la création elle-même.

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Sur l’impulsivité : dites non ou dites oui

Au début des années 1980, la Première Dame des États-Unis Nancy Reagan a lancé une campagne de signature contre la consommation de drogues. Elle l’a appelée « Just Say No » (« Dites seulement non ») aux drogues. L’expression était mémorable, accrocheuse, et semblait être l’essence même de la simplicité. Après des années d’échec dans la « guerre contre la drogue » parrainée par la présidence, beaucoup ont cru que la Première Dame avait trouvé quelque chose qui pourrait fonctionner. Des décennies plus tard, nous savons que la campagne « Just Say No » n’a pas fonctionné. En fait, certains pourraient prétendre que cela a eu l’effet inverse, surtout dans les zones urbaines comme New York où l’épidémie de crack était sur le point de mettre à bas des quartiers entiers. Aujourd’hui, les neuroscientifiques comprennent pourquoi.

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Courte réflexion sur l’humilité

C’est seulement si nous sommes éveillés à notre état d’être déchu que l’idée de rédemption peut avoir un sens. ~ Cologero – Gornahoor.net

Cette phrase tirée d’un texte de Cologero résume bien ce que nous pourrions appeler une « étape » à franchir pour une personne voulant acquérir une meilleure conscience d’elle-même. Si nous admettons que nous sommes des êtres déchus, nous admettons par le fait même avoir des faiblesses et c’est seulement lorsque nous connaissons nos faiblesses que nous pouvons mieux nous connaître. L’instrument pour reconnaître ces faiblesses est l’humilité et c’est pour cette raison que les pères de l’Église nous en parlent aussi souvent.

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Civilisation qualitative

Le vrai progrès respectera toujours la ligne de développement formel de l’homme. Elle donnera lieu à une civilisation qualitative telle que fut la civilisation de la Grèce au IVe siècle av. J.-C. et, à un degré plus élevé, la civilisation de l’Europe occidentale au XIIIe siècle. Si l’attention des gens est détournée des choses spirituelles et tournée vers les conquêtes matérielles, vers la culture de l’utile, c’est-à-dire de tout ce qui sert à favoriser les relations humaines et l’assouvissement des besoins corporels et aux conforts de l’homme, l’orientation de la vie change graduellement. Les moyens deviennent la fin. La civilisation est quantitative plutôt que qualitative.

~ Denis Fahey, The Mystical Body of Christ in the Modern World (p. 140)

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