L’Esprit de Joseph de Maistre

Joseph de Maistre était un Hermétiste (de l’école de Martines de Pasqually et Louis-Claude de Saint-Martin), Traditionaliste, Réactionnaire, Européen, et une source de l’Idée russe. Pour sa défense, Julius Evola inclut Maistre parmi ces hommes bien élevés ayant des idées saines et normales d’avant la Révolution française. Dans ce bref commentaire des Soirées de Saint-Pétersbourg, Evola révèle encore sa haute estime pour Maistre, malgré leurs désaccords fondamentaux sur la religion et la providence.

Dans «Materalism and the Task of Anthroposophy», Rudolf Steiner dit ceci au sujet de Joseph de Maistre :

Avec Maistre, une personnalité du plus grand génie imaginable, d’une spiritualité incontestable, mais Catholique Romaine jusqu’au bout des ongles, apparait sur la scène.

De hauts éloges en effet, spécialement provenant d’un homme qui était fondamentalement en désaccord avec Maistre.

DIGRESSION : Pour compléter le cercle, nous avons mentionné qu’Evola a inclus la photo de Steiner non seulement une, mais deux fois afin de démontrer une « pénétration spirituelle », même s’il était fondamentalement en désaccord avec les doctrines de Steiner au sujet du Karma et de la Réincarnation. Nous avons donc un exemple de trois ésotérismes se démontrant du respect malgré leurs désaccords sur des sujets précis. C’est de cette manière que les hommes ayant atteint un haut niveau d’intellectualité agissent, puisqu’ils comprennent ce qu’est la « pensée ». Les vaniteux traitent la pensée comme une arme et un moyen pour combattre. Ils confondent l’usage des mots et des idées avec les mots et les idées en soient. Utilisons cet exemple comme modèle.


Retournons à notre sujet. Steiner avait des choses intéressantes à dire au sujet de Maistre qui représentent la tendance réactionnaire de la vision progressiste de l’humanité de Steiner. Il caractérise les fondements de la vision du monde de Maistre comme suis :

Toute l’humanité entre dans deux catégories, l’une représentant le royaume de Dieu et l’autre représentant le royaume du ce monde.

Comme nous venons de le souligner, c’est aussi la vision de Vladimir Soloviev, et la raison de ce qui semble être une coïncidence deviendra claire. Mais le point est qu’il y a une différence essentielle dans la qualité des êtres se situant dans l’un ou l’autre des deux groupes de l’humanité, l’un est éveillé spirituellement, l’autre ne l’est pas. C’est plus qu’une adhérence superficielle à un système de croyances plutôt qu’à un autre, mais l’éveil représente un changement réel dans l’état de l’être.

Steiner écrit : « Il y a ceux en Europe qui s’accroche à cette perception que depuis le début du quinzième siècle l’autorité du monde divin a assumé un rôle plutôt différent à l’égard de l’humanité terrestre. » Bien sûr, ceci n’est pas seulement représentatif du Catholicisme de Maistre, mais reflète aussi le point de vue de Julius Evola et René Guénon, qui voyaient la Réforme comme le début de la fin des derniers vestiges de la civilisation traditionnelle de l’Ouest.

Steiner a astucieusement souligné que :

Maistre avait l’idée grandiose de faire le lien avec le russianisme, particulièrement avec les éléments qui ont trouvés leurs chemins depuis les temps anciens à partir de l’Asie dans l’Orthodoxie catholique, une religion russe. De là, il désirait créer un lien avec le Romanisme. Il essaya de provoquer une grande fusion entre les éléments toujours vivants des manières orientales de la culture russe, et les éléments provenant de Rome, déjà imprégné par cette vision.

Nous voyons aussi cette vision révélée dans les écrits de Soloviev qui, à sa façon, essaie de lier « la manière orientale de penser » et les idées contemporaines de l’Ouest.

Steiner poursuit :

Maistre nous renvoie à ce que le Christianisme était par rapport à sa vision métaphysique d’avant l’âge scolastique, ce qui existait avant le premier siècle et ce qui était acceptable par Rome. Maistre visait pour les Romains et les Catholique un Christianisme avec une puissance réelle.

Encore ici, comme Evola le démontre, la contre-réforme catholique était insuffisante, elle fit seulement demi-tour jusqu’à mi-chemin. Elle avait besoin de retourner jusqu’à sa source primordiale de sa puissance spirituelle. Au lieu d’être l’opposé de la Réforme, elle se contenta d’être une réforme dans la direction opposée. L’état lamentable de la spiritualité chrétienne d’aujourd’hui en est le résultat.

Le court essai de Steiner souligne clairement le problème.

  • Est-ce que la race humaine évolue et progresse vers un futur utopique?
  • Ou est-ce qu’il y a une division fondamentale et irréconciliable entre ceux qui sont du côté de la Tradition et ceux du côté de la Révolution?

Si c’est ce dernier alors la tâche est de commencer la reconstruction de la Tradition à partir des idées données par Maistre, Solovyev, Guénon et Evola.


Note : L’idée de l’évolution et du progrès de la race humaine est une caractéristique qui distingue les enseignements du « Nouvel Âge » à ceux de la Tradition.

 

Traduit de l’anglais à partir  de « The Spirit of Joseph de Maistre » par Cologero paru le 23 mai 2016 à cette adresse : http://www.gornahoor.net/?p=488

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