Pour une nouvelle analyse de ‘Batman vs Superman’ (2016)

 

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Préface

À noter que ceci est un premier jet fait rapidement, après deux visionnements seulement. La véritable méthode d’analyse est plus longue et plus complète, et nécessite une analyse des structures qui touchent plus que seulement les quatre points analysés ici, et ce, de manière plus exhaustive. Ce texte contient des informations critiques au film (i.e. des spoilers).

  1. Introduction

Alors que le film de Batman vs Superman (2016) n’est sorti que depuis quelques jours alors que cette analyse est écrite, déjà les critiques jugent que le film est inférieur à ceux de l’univers de Marvel, qu’il est incohérent ou « manque de structure », que les évènements qui prennent place devant nous sont confus et sans liens. En d’autres mots, les « critiques » jugent que le film n’a pas de substance interne qui lui permettent d’être un tout cohérent, un film. La réalité en est, selon moi, tout autre.

Ce film est en fait structuré à un niveau différent que ce que les critiques cherchent à analyser ; c’est-à-dire que pour eux le film se doit d’être analysable au premier degré, au degré littéral, dans sa plénitude. Si cette littéralité du film, c’est à dire les séquences simples et les images qui se déroulent selon les formats canoniques à l’écran, n’est pas respecté, alors le film est jugé « incohérent ». Cependant, ce film s’occupe d’une structure différente, celle de la structure symbolique.

Sa structure littérale ou cinématographique hollywoodienne est-elle un bon « entertainment » ? Je ne porterai pas de jugement sur ceci ici ; je laisse ce champ ouvert aux « spécialistes ». Ce qui m’intéressera ici c’est le déroulement symbolique et sémiotique de l’œuvre de Zack Snyder.

D’emblée, disons que nous prenons le parti pris de Greimas que les systèmes symboliques permettent des recoupements « d’étages » de signifiants, c’est-à-dire qu’une chose peut vouloir dire plusieurs autres choses à des niveaux d’analyse sémiotique différent. Aussi, je prends le parti pris que le symbole est, comme chez Lacan, un « nœud de significations » qu’il faut défaire, petit peu par petit peu, dans une entreprise de profondeur. Cette analyse en profondeur, je la fait sous le couvert de l’herméneutique, notamment grâce au cercle herméneutique qui dit que la partie aide à analyser le tout, et le tout à analyser la partie. Ma méthode sera celle de l’analyse religiologique de Jacques Pierre pour l’interprétation de film.

Pour ce faire, j’utiliserai une analyse en trois temps avant d’y aller d’une conclusion sommaire. La première analyse sera celle des matériaux, c’est-à-dire le « matériel » emprunté à d’autres œuvres ou d’autres films directement insérés dans le film par le réalisateur et les écrivains. La deuxième sera du niveau des structures symboliques, notamment par un regard sur le temps, l’espace, les objets et les personnages. Finalement, une analyse de la fonction (la morphologie) du film dans son rapport au réel.

  1. Analyse
    • Matériau

Au niveau des matériaux, il est important de noté que le concept de Batman vs Superman (BvS) lui-même est tiré d’une série de comicbooks. Ne lisant pas de comicbooks, je ne pourrai juger ou interpréter ceux-ci en regard du film : en d’autres mots, ils seront laissés totalement à coté de mon analyse et pourrait potentiellement révéler des éléments intéressants supplémentaires, surtout dans le choix des réalisateurs/écrivains des éléments qui ont été modifié ou ajouté quant au matériel originel.

Le matériel le plus important est bien entendu le film Man of Steel (2013, MoS) de Snyder qui nous avait introduit à la figure de Superman dans sa constitution présente. Je l’utiliserai à quelques endroits ici pour préciser des éléments symboliques : le présent film à l’étude faisant des références directes (voir même des prises empruntées à MoS), il me semble juste de l’intégrer dans le matériel à l’étude alors que visiblement le directeur voulait bâtir sur le premier.

Le film utilise aussi des références mythologiques ou religieuses. Par exemple on fait souvent mention de Prométhée d’un point de vue positif pour l’antagoniste principal du film, Lex Luthor. De plus, le nom de Dieu est mentionné à différentes reprises. Fait encore plus intéressant, je ne me souviens d’aucune mention de Jésus Christ, alors que comme nous allons le voir, il est le symbole majeur de l’œuvre ; comme quoi encore une fois, il ne faut pas voir à la surface de la narration et des matériaux empruntés.

Le film se produit dans un univers parallèle au notre. Je dis parallèle dans le sens où certains faits sont modifiés (par exemple l’existence des super-héros et de villes fictives comme Metropolis ou Gotham), mais qui possède la même constitution et la même histoire que notre monde (en surface).

Superman lui-même est un matériel (tout comme Batman), en ce sens qu’il est emprunté. Ce fait n’est pas anodin, alors que Snyder lui-même mentionne ceci :

I think the relationship between Jesus and Superman is not a thing we invented in this film, it is a thing that has been talked about since the creation of Superman. And in a weird way, probably was talked about more when Superman was created than it is now. It’s one of those things mythologically you take for granted, a little bit.

Déjà sur l’internet, plusieurs analyses abondent sur les liens entre le Christ et Superman, par exemple au niveau de leur nom d’origine (Kal-El voulant dire « Voix de Dieu »), de leur âge « opératif » (vers 30 ans), etc. Le but de cet exposé est de se concentré sur le film lui-même et ses structures symboliques internes avant tout.

  • Structure
    • Temps

Le film se passe principalement en automne, comme nous pouvons le voir d’une part par la température ambiante et les festivités qui y prennent place (la fête mexicaine des morts). Ce temps ne me semble pas à première vue bien important, sinon du fait que l’automne est la saison « morte », la plus sombre, qui mène à la naissance du « soleil invaincu » au solstice d’hiver, c’est-à-dire au retour de la lumière aux hommes. Mais aussi, c’est la saison de la « chute » des feuilles, de la mort de la nature.

Le film fait usage d’un effet cinématographique classique : le ralenti. Lorsque le temps ralenti dans le film, c’est généralement pour des usages cérémoniels (les funérailles) ou des usages reliés à une forme de sacralité, d’un mysterium ou d’un numen qui donne lieu à un « tout autre », un ailleurs. Par exemple, l’introduction joue sur ce thème pour la mort des parents de Batman ; le même effet est utilisé lorsque Superman se rend compte de l’inutilité de tenir des relations avec les hommes après l’attentat à la bombe ; le même effet est utilisé lors du combat entre Batman et Superman; etc. Même si le temps ne s’arrête pas, on conçoit que « ce qui ne change pas » (i.e. dans le temps) est plus près d’une forme de sacré, de révélation.

Ce qui est intéressant, c’est aussi le choix de la sortie du film : le jeudi de la Pâques en Occident. C’est le début du triduum catholique romain qui marque autant la mort que la résurrection du Christ. Cette donnée est loin d’être anodine comme nous le verrons plus tard.

  • Espace

L’espace macrocosmique oppose principalement Gotham, la ville sombre, corrompue et en déchéance, à Metropolis, la ville sous la gouverne du Superman. Les personnages eux-mêmes font références à cette dichotomie lors de leur rencontre alors que Superman critique la manière dont Gotham gère son crime. On ne voit jamais Gotham en plein jour, alors que Metropolis est plus souvent (mais pas exclusivement) montrée en plein jour. Aussi, dans la tombe de ses parents, où l’on voit une icône en vitre de Saint Michel, représente derrière ce dernier une ville : comme si Saint Michel était le sauveur de la ville contre le démon ; cet élément sera plus tard important à mettre en lien avec les liens symboliques de Superman.

Chacun des deux protagonistes possèdent aussi d’une part son espace profane et son espace sacré. Pour Batman, l’espace profane est son repère, où il discute avec Alfred, et y passe le plus clair de son temps à se préparer de manière active sur le plan matériel. C’est là qu’il y dort, y mange et y a des relations sexuelles ; en d’autres mots, c’est l’espace profane « normal ». Son espace sacré est représenté par la tombe de ses parents qu’il visite en grande révérence, y déposant des fleurs et qui s’intègrent d’ailleurs à son subconscient dans ses rêves prophétiques/prémonitoires. Pour Superman, son espace profane est son appartement où il mange et passe le plus clair de son temps avec Lois Lane. Son espace sacré est la montagne et les zones enneigés ; ce sont des endroits éloignés de toutes traces d’homme, c’est son « royaume » divin qui lui permet même d’avoir des conversations avec des figures décédées et symboliquement chargés comme son père.

La montagne est un symbole de sacré dans la tradition chrétienne, notamment avec Horeb, ou le Mont Sinai, où Moïse, préfigurant le Christ sur la montagne dans l’Évangile de Saint Matthieu (c’est un thème récurrent chez lui), est le personnage qui discute avec son père. Dans BvS, la montagne est aussi le repère où Superman discute avec son père de la voie à suivre. Ce qui est encore plus intéressant, c’est que son père fait même un commentaire distinguant les gens des montagnes (eux, c’est-à-dire le symbole du Père, l’ancêtre mort et le Surhomme) des gens de la plaine (les « humains »). Cette distinction entre le haut et le bas, entre le Père et le fils, entre le fils et les hommes est caractéristique du reste du film. C’est une donnée qui se répète alors que la vertu de Superman est questionnée : la distance qui sépare l’homme du surhomme n’est-elle pas garante d’une soumission qui causerait un débalancement dans l’ordre des choses ? N’est-ce pas une problématique que l’on doit régler par la règlementation de son caractère « divin » ? Le problème ici c’est que sur la plaine, les règles ne s’appliquent qu’aux hommes ; Superman et les forces du mal qui s’y opposent ne sont pas sujet à ces mêmes règles.

Aussi, le film met beaucoup l’emphase sur la verticalité des choses. Des objets tombent, des objets montent. Batman lui-même, dans son discours au tout début du film, parle de la « chute », référence chrétienne et platonique, où les choses d’avant le temps, « diamond perfect », ne subissait pas la corruption du monde ; mais dans notre monde, tout est en chute. C’est un concept apparenté au « long defeat » du christianisme. Outre les discours, le film lui-même nous montre ces éléments de manière cinématographique : Batman qui tombe dans le trou, les perles qui tombent au sol, ses parents qui tombent au sol, etc. alors que nous voyons de l’autre côté Superman qui s’élève toujours, qui cherche la cime des montagnes, etc. Ce qui tombe, c’est l’humanité ; mais il reste des possibilités d’élévation, comme les chauve-souris de Batman dans son rêve qui le mène vers une « lumière », ou Superman qui élève Lois (ou du moins l’empêche de tomber). Ce discours de Batman sur la dévolution des temps pourrait être contrasté avec la finale, où Batman conçoit une ouverture (parce que l’antagonisme résolu) où, sans nier la Chute, il y a une possibilité qui s’ouvre pour l’humanité non pas de bâtir un paradis, mais de rebâtir ce qui se détruit par leur déchéance ; une correction volontaire amenée au monde.

  • Objet

Les objets dans le film sont associés aux hommes et non pas au divin : le père kryptonien de Superman ne lui a pas laissé d’armes ou d’objets significatifs (sinon son costume), son père humain non plus, même en tant qu’esprit sur la montagne. En réalité les objets (et la science/technique derrière eux) sont la marque de l’homme : des constructions sociales qui permettent le truchement de leur défaillance, ainsi exemplifié par l’utilisation de technique par Lex Luthor pour arriver à ses fins. Chez Batman nous avons le même paradigme à l’œuvre ; la différence étant ici que ses objets font aussi utilisation, à la fin, d’un emprunt au « tout autre », au « divin », la kryptonite.

Le rôle de la kryptonite à l’intérieur du film est ambigu : tantôt salvifique, tantôt destructeur. Il est facile de voir pourquoi : le film nous fait interchangé les points de vue humain (Batman) et divin (Superman) ; pour l’un et pour l’autre les effets sont drastiquement différents. Cette prise de point de vue est effectuée notamment par la scène d’ouverture empruntée à MoS, où l’on voit les combats divins du point de vue des hommes (Batman), de ceux qui subissent le courroux du ciel sans pouvoir agir. La même technique est employée ailleurs alors que nous observons les actions et les réflexions de chacun des personnages. À l’intérieur même du film, les personnages (plus particulièrement Lex Luthor) reconnaissent cette dichotomie entre divin et humain dans l’opposition de Superman à Batman.

La kryptonite est notamment forgée pour en faire une arme particulière, une lance. Ce détail n’est pas anodin alors que la lance de Longinus est la lance qui a percée les flancs du Christ dans sa passion, d’où s’est échappé de l’eau et du sang. L’eau et le sang sont tous deux mis en lien avec la lance alors qu’elle est perdue dans une flaque d’eau avant d’être retrouvée d’une part, et de l’autre elle est teintée du sang de Superman par la coupure que Batman lui fait.

Nous pourrions aussi invoquer deux éléments mineurs chez Batman : la perle du collier de sa mère qui tombe avec lui dans le puit dans son rêve, renvoyant ainsi au lien entre sa chute et sa mère ; et l’utilisation du fusil contre Superman qui, à cause de la scène de l’hubris du père avec le poing fermé (voir plus bas), fait une métonymie entre Batman et le criminel (qui avait aussi utilisé un fusil); sauf que chez le criminel, il n’y a pas eu cette élan d’empathie, cette reconnaissance de l’Autre.

  • Personnage et trajectoires

Pour cette section, je vais séparer en trois la considération des personnages et de leur trajectoire dans le film. En premier, je vais aborder la figure de Lex Luthor qui, parce que l’antagoniste, est un personnage passif (parce que majoritairement inchangé dans le film), caractère inférieur dans la symbolique traditionnelle. Par la suite, je vais aborder les deux personnages actifs, c’est-à-dire Batman puis Superman.

a. Lex Luthor

Lex Luthor, outre le lien évident entre son nom et celui de Luther, est un personnage présenté comme subversif (comme le démontre son inversion de la peinture des démons contre les anges) : il s’oppose à l’ordre social (sénateur et gouvernement), il s’oppose à l’aspect humain (Batman) et divin (Superman). En outre, il obéit à son hubris personnel par un élan « titanesque » comme le dirait Julius Evola : il s’associe d’ailleurs lui-même en bien avec la figure de Prométhée, celui qui a voulu rejeter l’ordre divin selon son propre jugement envers les hommes. Pour lui, l’humain doit l’emporter sur le divin d’un point de vue purement luciférien et vaniteux : l’humain doit déchainer les forces élémentaires (le matériel, le grotesque, le violent comme chez Doomsday) afin d’acquérir ce qu’il veut bien acquérir ; c’est ce qui le pousse à critiquer littéralement la vertu absolue de Superman et à le juger comme dangereux. Lex Luthor ne peut concevoir aucun Principe supérieur dans ce monde[1], donc les pouvoirs matériels de Superman (sa puissance est sans égale sur terre) est dangereuse mutatis mutandis. C’est bien parce que Lex Luthor refuse quoi que ce soit de supérieur au plan matériel et individuel/subjectif qu’il ne peut concevoir la réalité que représente Superman comme manifestation d’un Principe supérieur et vertueux ; il réduit la figure de Superman au matériel, amenant par le fait même une distorsion de sa substance.

Lex Luthor d’ailleurs ne produit, par lui-même, aucun acte (il demande aux autres de faire, il utilise les machines et les hommes pour créer[2]). Il est un agent du discours, comme le sénat et la masse humaine. En effet le discours entre le divin et l’humain est mis de l’avant à de nombreuses reprises dans le film, toujours dans un échec : le discours direct selon les lois humaines ne peut que mener à un échec parce qu’il faut un pont entre les deux, un élément qui permet de reconnaitre du divin chez l’homme et de l’homme dans le divin (voir plus bas). Le discours est opposé aux essences des choses ainsi qu’aux actes ; c’est ce qui permet à la mère de Superman de lui dire que ces gens ne font qu’exprimer une doxa, un élément impermanent qui ne change rien à la réalité que représente Superman. Sa mère lui dit qu’il ne doit rien au monde ; ce faisant, elle lui fait comprendre que tout acte de bonté envers le monde est un acte de volonté propre, de « grâce » de la part de Superman, ce qui fait écho à la conception classique de l’action du Christ. La faillite du discours d’ailleurs se résout dans la mort des agents humains alors que le divin lui, Superman, est intouché.

Lex Luthor n’est pas seul dans sa représentation des forces titanesques : sa créature, Doomsday, est aussi du type purement matériel et destructeur. Elle est l’opposition de Superman : les deux sont aussi puissants sur le plan matériel, mais ils ne sont pas équivalents dans leur vertu. D’ailleurs, la masse est aussi associée à cette force alors qu’elle est influencée par Lex Luthor pour se positionner contre Superman. Le premier Batman, avant sa rédemption (voir plus bas), est d’ailleurs aussi du type prométhéen en mettant sa confiance dans ses capacités matérielles et combatives (ses armes, son entrainement physique, etc.). Lex Luthor donc, l’homme du discours – nous pourrions ajouter de la sophistique du style de Gorgias – est un antagoniste de subversion et d’opposition qui caractérise le rapport imparfait de la démocratie et de la masse corruptible.

b. Batman

Batman représente l’aspect humain ; il le fait en étant attiré autant par le règlement de compte prométhéen (donc vers « le bas ») contre Superman que par la relation envers le divin (donc vers « le haut »). L’humain est donc ici représenté comme un être multiple et déchiré ; c’est d’ailleurs ce que cautionne l’introduction du rêve de Batman où l’humain tombe dans la caverne, mais se fait offrir une possibilité de s’extirper des profondeurs pour aller rejoindre la lumière (d’ailleurs la position du Bruce Wayne enfant à ce moment est celle de la croix alors qu’il est élevé aux cieux).

Le « premier » Batman est un homme qui tend vers l’aspect prométhéen, qui refuse la divinité par ce qu’elle pourrait apporter comme destruction alors qu’elle est conçue seulement du point de vue des hommes, c’est-à-dire principalement matériel et moral. C’est l’esprit prométhéen de Luthor qui corrompt Batman par la subversion et l’ignorance (i.e. les faits construits dans les chèques qu’il reçoit, les mensonges répétés, etc.). C’est une question de construction par fausses représentations mentales. Il n’a pas accès à la « chose en soi » car il se la refuse (par un refus de communiquer avec Superman – quoi qu’il serait possible de se demander si cela est même possible sans l’intervention d’un évènement aussi puissant que celui qui le changera). Par contre, déjà ce qui le différencie de la masse c’est son caractère aristocratique : il ne demande pas aux autres de faire ce qu’il peut faire lui-même contrairement à Lex Luthor. Il cherche à faire de son mieux et juge que les meilleurs doivent agir (d’où son agissement dans Gotham puis contre Superman). C’est d’ailleurs ce même esprit aristocratique qui se poursuit plus tard lorsqu’il laisse sous-entendre la création d’une ligue de superhéros.

Le personnage n’est pas inchangé au travers de la narrativité de l’œuvre cinématographique. Dans la scène critique où il décide de ne pas tuer Superman (qui est la scène critique du film, le « nœud symbolique » par excellence), un « deuxième » Batman prend forme.

Celui-ci apparait par la résolution de l’Œdipe tel que conçu en psychanalyse[3]. Batman[4] a, depuis le début du film, des relations tourmentées avec la gente féminine[5], notamment dans les visions de sa mère qui meurt auquel on prête les derniers mots à son père. Ainsi, la figure de la mère est profonde et marquante chez Batman, sans être vue directement par lui. Il ne peut résoudre ce conflit interne par lui-même, et projette donc le meurtre d’un père par paternité divine, Superman, afin de résoudre ce conflit qui le marque. Mais au final, la résolution se passe tout autrement. Alors que Superman est sur le point de succomber par la lance de Longinus, après avoir révélé son humanité par la peur (voire le discours de Batman après la grenade fumigène à la kryptonite) ainsi que par le sang (la coupure de Batman sur son visage en lien avec le discours que Batman avait eu précédemment avec Superman sur le cas de sa divinité et de son sang), Superman s’ouvre à Batman en lui demandant de sauver sa propre mère. Le nom des deux mères étant le même, Martha, Batman pense que Superman lui demande de sauver sa propre mère (alors qu’en fait, Superman accepte sa mort et lui demande d’au moins aller sauver sa mère). Cette résolution de l’Œdipe se produit alors que Batman reconnait un Même chez la divinité : lui aussi possède une mère, une mère qu’il veut revoir. Ainsi, Batman reconnait son contrepartie dans Superman alors qu’il voit dans l’Autre un Même : l’amour et le rapport à la mère. Voyant ce rapport, l’évènement lui permet de ne pas voir d’antagoniste dans l’Autre mais au contraire d’y voir une partie du Même qui fonde une nouvelle moralité chrétienne de l’impératif christique de la dignité de tout être à essence humaine. Ce changement est exemplifié dans son traitement de Luthor qui est comme le traitement que Superman lui avait fait, i.e. l’épargner.

En le coupant, Batman ouvre symboliquement le dialogue viscéral qui permet un échange existentiel, pas juste théorique comme au congrès par le discours : Superman accepte son humanité et ils peuvent donc converser d’humain à humain (ou de divin à divin ?), d’où la résolution œdipienne chez Batman et la progression substantielle de Superman ; il révèle son aspect pleinement homme.

Une ouverture était déjà préfigurée dans l’hubris du père dans la scène où le poing fermé dirigé contre le criminel au début du film dans sa vision de jeunesse lui causa la mort. L’hubris de Superman est la même alors qu’un zoom-in est fait sur son poing qui ferme pour frapper Batman, le criminel, ce qui cause sa perte ; la même perte qui mène à la rédemption de Batman (parce que de continuer le combat pour Superman mène à sa défaite aux mains de Batman, idem pour le père de ce dernier ; c’est dans cette scène du combat que tout se joue) alors que le même incident non-résolu avait conduit à la mort de ses parents et à sa propre défaillance.

Batman acceptant ainsi son rôle dans l’histoire et aillant résolu son conflit interne, il acquiert une vertu renouvelée qui lui permet d’assister Superman dans son combat contre Prométhée/Lucifer. D’ailleurs, c’est ce qui lui permet d’assister, en tant que « disciple préféré » à la mort du divin ; cet élément fait écho à la mort de Jésus alors que le premier à le reconnaitre comme vraiment Dieu est un légionnaire romain, c’est-à-dire un de ceux qui l’avait persécuté avant. Nous assistons même à une scène où des croix apparaissent en fond, dans une noirceur profonde (faisant écho à l’Évangile où les cieux se déchirent et le monde est plongé dans la noirceur), où ses disciples et les femmes pleureuses (Lois Lane) le détachent de la croix (les mains de Doomsday) afin de le déposer dans ce qui ressemble à une grotte aux yeux du spectateur : c’est un condensé de sa passion, de sa mort et de son enterrement. Batman apparait, à l’enterrement, comme une figure paulienne : passant d’un parti qui chassait le Christ et ses disciples à un parti qui le défend, il fait promesse de mettre en place une communauté qui pourra poursuivre sa mémoire (son discours faisant notamment écho à Romains 5 :6 « Car lorsque nous étions encore privés de toute force, Christ est mort en son temps pour nous, qui étions des impies ») ; ainsi la Ligue of Justice deviendrait une allégorie de l’Église.

c. Superman

Pour Superman, l’essentiel de sa transformation passe aussi par l’acceptation d’un conflit intérieur. Ce conflit est double : d’une part son rôle du divin et de la vertu, de l’autre part de son problème Oedipien.

Le personnage est tiraillé par la masse et leur opinion, alors qu’il veut plaire à leur doxa plutôt qu’à l’impératif interne qui le guide vers la vertu que ses pères lui ont sommé de faire régner sur ce monde, de manifester aux humains. C’est qu’en fait le conflit Oedipien commence ici : il se refuse de pleinement poursuivre le rêve de son père parce que cela pourrait causer des problèmes aux humains, notamment au niveau de la doxa. Cependant, cet élément voit sa première étape de résolution dans le discours qu’il tient avec son père sur la montagne : celui-ci lui raconte une histoire (de type symbolique et/ou parabolique) comme quoi que de faire le bien, d’être le héros de quelqu’un, c’est nécessairement d’être l’anti-héro de l’autre. Les juges sont toujours appréciés de la personne qui reçoit la compensation, et hais ou craint de celui qui reçoit le jugement. De plus, ce discours lui dit que la résolution oedipienne du conflit avec le monde et ses propres confusions symboliques internes est passé, pour son père, par la rencontre et l’acception de l’Autre comme étant le Monde, c’est-à-dire ici Martha, sa femme (et la mère de Superman).

Ainsi, Superman fait tout pour aller sauver sa mère, ce Monde de son père qu’il veut faire sien. Au final, après sa rencontre existentielle avec Batman, il accepte le fait que ce Monde n’est pas le sien et laisse même Batman aller le défendre ; ainsi, il fait le glissement de sa mère vers Lois Lane alors qu’il lui avoue son amour inconditionnel (auquel il préparait un mariage, ainsi une alliance devant Dieu de Superman (le divin) et de l’Autre (l’humain), le Monde). Cet aveu se passe à plusieurs niveaux : au niveau littéral nous comprenons que l’amour de Superman est tellement grand qu’il est prêt à se sacrifier pour elle (Jean 15 :13 « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis »). Au sens profond par contre, nous pouvons utiliser le discours de son père pour ainsi substituer l’Autre (Lois Lane) pour le Monde[6] ; ainsi, Superman avoue son amour inconditionnel pour le Monde et son désir de le sauver. Nous procédons donc par la suite au sacrifice du « Dieu vivant » face aux forces des ténèbres ; la manifestation du Principe de la vertu se sacrifie afin de résoudre le conflit spirituel qui se produit à ce moment entre les forces de l’Ordre qui ont résolu leur conflit intérieur (Wonder Woman acceptant sa destinée de combattante au service du monde plutôt qu’à son propre service ; Batman reconnaissant le Même dans l’Autre et fondant une éthique spirituellement supérieure (parce que sotériologique) qui le met au niveau du divin ; et Superman reconnaissant sa destinée de Principe manifesté pour protéger le Monde) contre les forces du chaos titanesque déchainées par l’hubris de l’homme attiré par les promesses prométhéennes d’un humain qui contrôlerait Dieu plutôt que d’ouvrir un dialogue avec lui comme l’a fait Batman. Ce combat de l’ordre contre le chaos est exemplifié dans les références à Saint Michel[7] qui sont fait : la tombe des parents des Batman a une œuvre montrant Saint Michel (représenté selon l’iconographie de la renaissance, c’est-à-dire en rouge et bleu, comme Superman) qui vainc le Dragon (i.e. la force du chaos par excellence depuis bien avant le christianisme), avec une épée, arme perçante de la même manière que le fera Superman à la fin du combat. Ainsi, chez Superman la résolution de l’Œdipe se fait à la toute fin, dans sa mort, par la cristallisation du Monde dans la personne de Lois Lane pour sa destinée.

Ainsi le conflit est aussi résolu pour le film entier alors que la question qui perdurait était « qu’est-ce qui justifie le pouvoir d’agir dans le monde ? » ; la réponse est ici donnée : c’est l’amour désintéressé d’autrui, de la reconnaissance dans l’Autre du Même qui est au fondement de la substance humaine, la divinité qui est capax dei et imago dei.

Capax dei parce qu’alors que Lois Lane, par la dévotion personnelle, se rapproche de la divinité, Batman s’en fait aussi un égal par sa participation au conflit autant interne qu’externe qui l’oppose aux forces démoniaques (ses conflits internes non-résolus dans ses rêves et Doomsday). Imago dei parce qu’ils partagent tous cette même flamme interne et cette dignité divine.

Pour Superman, l’imagerie christique abonde dans le fait qu’il soit au centre de l’évènement du partage entre le divin et l’humain. Ses deux natures sont unis dans sa mort (seul son aspect divin était assez fort pour tuer Doomsday, mais en même temps il était pleinement humain alors qu’il mourrait affaibli par la kryptonite). Sa résurrection et la cérémonie de sa mort préfigure aussi cette double nature du Christ : il y a deux cérémonies qui lui sont fait, et c’est dans celle pleinement humaine (dans sa famille) que nous voyons le sous-entendu de sa résurrection. Son corps étant, comme les saints chrétiens, incorruptibles par la mort, il annonce déjà son statut sacré.

  • Fonction

La fonction du film est complexe. D’un côté, on parle d’un film hollywoodien qui, visiblement, veut avant tout servir d’« entertainment ». Mais en même temps, au niveau structurel et symbolique, le film veut nous présenter un film christique.

Film chrétien ou film christique ? Un film chrétien aurait servi à présenter une histoire chrétienne, édifiante, qui cherche avant tout à substituer la réalité du film à la nôtre pour nous éduquer spirituellement et moralement. Ici, le film est christique parce qu’au final Superman apparait comme étant une allégorie du Christ. Si Superman était resté mort, s’aurait été un film chrétien, nous montrant comment nous comporter éthiquement telle une parabole. Ici, c’est avant tout une allégorie christique qui cherche à explorer les questionnements spirituels reliés à la passion du Christ en ce temps de Pâques.

Dans le cas des deux protagonistes, la résolution de l’Œdipe mène à un lien qui permet à l’Autre de devenir intelligible par le Même (le lien d’amour avec la mère et les idéaux du père dans les deux cas). Ce lien est ce qui permet la reconnaissance qui passe par la vertu (le lien fort du film tel que démontrer dans les accusations de Luthor envers Superman conçu comme « Virtue incarnated »).

Superman arrive donc à manifester pleinement un Principe (symboliquement) dans son amour désintéressé du Monde (symbolisé par Lois Lane) ce qui le rend effectivement, au sens évolien, un surhomme, un Superman : l’homme primordial qui, en tant que nouvel Adam, permet la rédemption de la race humaine telle qu’exemplifiée par le discours humaniste de Batman (discours qui d’ailleurs montre les habitants de Metropolis rassemblés, avec des cierges, qui pleurent Superman/la divinité : ce schème est pareil que la journée, dans le triduum catholique, de la veillée pascale où les cierges pascales baptismales préfigurent et annoncent la résurrection de la Lumière du monde). Ce discours est bien entendu teinté par les idéologies du temps ; l’alternatif aurait été très surprenant. Reste qu’en se rappelant les analyses de Northrop Frye, comme quoi la Bible est le « Grand Code » par excellence sur lequel se fonde les arts de la société occidentale, nous voyons que ce Grand Code n’est toujours pas révolu et continue de donner du matériel métaphysique et anthropologique à discuter par le biais de réalité éthique et existentielle présenté dans ce film.

Ce film christique touche notamment les différents niveaux de l’amour chrétien, qui culmine dans l’agape, l’amour fraternel pour tous les Autres tel que prescrit par la figure du Christ qui ici, dans le film, l’exemplifie par son sacrifice.

Ainsi, la fonction du film est de présenter une réflexion sotériologique et tropologique sur la figure christique. On nous y présente un Christ apparenté à Saint Michel qui détruit la mort par la mort, rétablissant ainsi la balance qui culmine dans sa résurrection pour l’accomplissement de la manifestation du Principe de vertu immortelle qui traverse le temps et l’espace.

  1. Conclusion

En somme, nous avons vu que le film touchait des thèmes liés à la moralité et à la christologie (sotériologie) pour amener les personnages à résoudre les conflits oedipiens internes qui les empêchent de mettre de l’ordre dans leur vie psychique et spirituel interne, ce qui effectivement les plonge dans l’ignorance, causant leur combat externe alors qu’ils devraient (et vont finir par) s’unir pour vaincre les forces du chaos, présenté ici comme un impératif de toute être humain qui se revendique de la vertu. Ainsi au final, on nous dit que la rédemption ne mène pas à l’abandon du monde, mais au contraire à son rachat et à sa défense.

Tout comme Lois Lane est humaine mais partage la vie de Superman, Batman est purement humain mais fini par en partager le caractère salvifique. La différence c’est que dans la réalité, l’humain n’a pas à ouvrir le lien existentiel avec Dieu ; il n’a qu’à s’ouvrir lui-même. Quoi que l’acte de Batman contre Superman pourrait toujours être interprété comme étant un écho au fait de « prendre le paradis par la force ».

Dans le Christianisme (orthodoxe), nous sommes sauvés dans notre faiblesse. C’est-à-dire que c’est dans nos erreurs, nos errances et nos ignorances que nous sommes présentés face à face avec notre humanité pure et que nous tendons ainsi vers une résolution interne qui mène à la possibilité de rédemption, à l’union au divin. Ce même genre de point de vue est émis dans le film alors que Batman atteint sa rédemption alors qu’il allait avoir un excès d’hubris/revanche et que Superman est en train de mourir.  Alors que MoS nous présentait la naissance du Christ et de sa mission sur terre, BvS veut nous faire rencontrer la passion et la rédemption du Christ auquel nous sommes amenés à partager en tant qu’humain.

Ce film, parce que mal accepté, nous montre qu’il est fait pour une autre époque, et que le message qu’il contient n’est pas compris ; les critiques comme le peuple ne sont plus sensibles à ce genre de récit, à cette symbolique, à ces valeurs.

 

 

[1] Peut-être que cela est dû à sa haine du Père ; dans son discours contre l’agentivité de Dieu contre le mal, il réduit Dieu à son action politique et social prétextant que celui-ci ne l’a jamais aidé dans sa relation contre son père (je dis bien contre plutôt qu’avec car c’est l’impression que Luthor laisse face à toutes traditions, toutes relatins). Nous pourrions postuler que contrairement aux deux protagonistes, ce qui rend Luthor passif, c’est justement cette non-résolution du problème oedipien (voir plus bas).

[2] D’ailleurs ce rôle de « créateur » renvoie autant à Faust qu’à Frankenstein. L’ordinateur kryptonite lui-même le met en garde contre l’aspect titanesque et monstrueux de sa créature ; mais il ne veut rien savoir, il s’élève au-delà des principes du monde car selon lui, leur représentation manifesté dans le monde est là où ils s’arrêtent : le conseil de krypton étant mort, ses valeurs meurent avec lui. Au final, ce n’est pas une vraie création : il n’est pas « Dieu » : c’est une perversion, un mélange (entre l’ADN humain et kryptonien) qui crée une indifférenciation, lié effectivement au chaos du monde.

[3] Le complexe est introduit clairement à l’intérieur même du récit par l’antagoniste, Lex Luthor. Il mentionne que la vraie figure féminine de « tout garçon » est sa mère ; comme de fait, ce passage est lorsque le complexe apparait évident aux yeux du spectateur pour Superman. Il n’est pas anodin que ce soit Luthor qui en parle le premier : d’une part il est l’antagoniste (i.e. le complexe est l’antagoniste psychique des protagonistes); d’autre part, ceci est un clin d’œil directe, selon moi, à l’auteur de ce complexe c’est-à-dire Freud. Freud comme Luthor était avant tout un scientiste, un matérialiste et un anti-religieux.

[4] Batman est un personnage très freudien : les théories psychanalytiques, outre le thème d’Œdipe que je reprends ailleurs dans mon, touchent beaucoup le psyché d’un point de vue descendant. Comme déjà mentionné, Batman est lié à cette descente, cette chute (rappelons-nous que tout tombe avec Batman, y compris dans sa bataille finale contre Superman où celui-ci le soulève au sommet du bâtiment et plus la séquence se développe plus ils vont vers le bas ; où sont entrainement où les poids sont consécutivement projeter vers le bas) qui se répercute dans ses rêves. Car les rêves sont un des aspects du subconscient étudié par la psychanalytique freudienne où se joue le drame interne. Il est un héro psychologique, le produit d’un traumatisme d’enfance qui prend lui-même la forme de la peur (ici les chauve-souris) pour combattre le crime, l’autre-id, qui généralement est un cas de névrose psychotique (on mentionne brièvement le Joker dans sa Batcave, mais aussi Lex Luthor qui est traité de psychotique par Lois Lane). Sa ville elle-même, Gotham, ressemble plus à un immense subconscient collectif où les forces déchainées de celui-ci ravage son paysage sombre de la nuit, beaucoup plus qu’à une ville fonctionnelle comme Metropolis (voir le commentaire du patron du Planet News sur le crime et Gotham). Tout ceci sans parler de l’aspect théâtrale et dramatique de ses costumes, de sa présence et de son impact. Les criminels de Gotham, du subconscient, sont enfermés à l’asile d’Arkham, pas dans les prisons. D’un sens, au-delà de la résolution christique exposée plus bas dans le texte, Batman représente au minimum la victoire du superego contre l’ego et l’id ; c’est ce qui le différencie d’un criminel (id) ou d’un vigilante comme le Punisher (ego). Nous pourrions même rajouter qu’en fait, sa quête pour tuer Superman vient probablement d’un débalancement interne, où l’ego reprend le dessus sur le superego.

[5] Que ce soit sa relation en tension avec Wonder Woman, ou sa relation avec des femmes sans visages qui sont dans son lit, ou avec la tombe de sa mère dans son rêve.

[6] Superman dit, dans le film « This is my world… You are my world ». À la première séquence, Superman regarde en direction du monde, mais aussi des spectateurs, brièvement ; dans le deuxième morceau de la phrase, il transpose son regard vers Lois, achevant ainsi le glissement et la reconnaissance de l’Autre dans le Monde et du Monde dans l’Autre pour qui il porte son amour.

[7] Saint Michel est une figure multiple : il est un des archanges, protecteur des portes du paradis, chef des armées du ciel, celui qui chassa Lucifer (i.e. l’esprit prométhéen dans le christianisme), ainsi de suite. Son nom, en translitération direct en latin, signifie « Quis Ut Deus », qui peut être pris comme une question rhétorique ou une affirmation : « Qui est Dieu ». De la même manière, le nom de Superman, Kal-El (mentionné par Lex Luthor), veut dire « voix de Dieu » en hébreux approximatif.

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