Dante et la Sainte Apogée de la Tradition Romaine, 1er Partie

La Tradizione Romana par Guido De Giorigo

Le gisement d’or traditionnel qu’est Rome dans l’unité vivante des deux formes se complétant une et l’autre dans une parfaite harmonie et un équilibre, se trouve entièrement en Dante qui fut le premier à révéler le mystère de la Romanité. Le sacré, produit d’une synthèse créatrice des éléments contenus dans l’ancienne et la nouvelle tradition, démontre qu’il peut être appelé le prophète du Catholicisme Fasciste [Cattolicità Fascista] dans la signification absolue de l’expression.

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Donoso Cortès – Du vote de l’impôt, Chapitre V

Chapitre V

                Jusqu’à présent nous avons considéré cette question sous son aspect historique et philosophique; il ne nous reste plus qu’à la considérer sous son aspect légal.

                L’intervention des représentants du peuple dans l’imposition des contributions est consacrée chez nous pas la loi politique de l’État. Le droit d’intervention ne se borne pas en Espagne aux nouvelles contributions; par le vote annuel des budgets, d’après la lettre et l’esprit de la loi, ce droit s’étend à tous les impôts, même aux plus anciens et aux plus nécessaires. Peu importe, du reste, que les assemblées constituantes, en consignant ce droit dans la loi fondamentale, n’en aient pas connu toute la portée : il faut reconnaître que, conformément à la loi politique en vigueur, le gouvernement doit demander une autorisation aux chambres, soit pour imposer de nouvelles contributions, soit pour percevoir les anciennes, et que les chambres peuvent l’accorder ou la refuser, en vertu du droit qu’elles tiennent de la loi.

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Donoso Cortès – Du vote de l’impôt, Chapitre III & IV

Chapitre III

                Si l’école politique dont nous parlons peut être accusé d’ignorance, il faut avouer que personne ne l’accusera d’être inconséquente, en présence des déductions qu’elle a tirées de ses études historiques. La logique du mal est aussi inflexible que la logique du bien : surmontant tous les obstacles, elle ne recule pas même devant l’absurdité. Si cette vérité, admise par tous les hommes et consignée dans toutes les histoires, avait besoin d’être démontrées, elle le serait par les lignes suivantes, destinées à mettre sous les yeux des lecteurs impartiaux le spectacle d’une école que le manque de raison et l’excès de logique a précipitée dans l’extravagance.

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Donoso Cortès – Du vote de l’impôt, Chapitre I & II

Chapitre I

                Le droit des peuples à intervenir dans tout ce qui a rapport aux impôts et contributions par lesquels les citoyens alimentent l’État, est aujourd’hui une des bases essentielles du droit public d’une grande partie de l’Europe.

                L’idée de cette intervention, comme toutes les idées, peut s’envisager sous deux aspects différents, sous l’aspect historique et sous l’aspect philosophique. Considérée au point de vue de ses vicissitudes, elle tombe en outra dans le domaine de la législation, puisque les lois la consacrent, comme cela se voit en Espagne.

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Libéralisme et Socialisme

Les hommes de bonnes naissances avaient l’habitude de penser ainsi :

L’école libérale tient pour certain qu’il n’y a d’autre mal que celui qui se trouve dans les institutions politiques léguées par nos pères, et que le bien suprême consiste à abolir ces institutions. La plupart des socialistes, de leur côté, regardent comme hors de doute qu’il n’y a d’autre mal que celui dont la société est la source, et que le grand remède serait dans le bouleversement complet des institutions sociales. Libéraux et socialistes proclament donc d’un commun accord que le mal vient des temps passés; mais les premiers affirment que le bien peut déjà se réaliser dans le temps présent, les seconds que l’âge d’or ne commencera que dans le temps à venir.

Le bien suprême devant être le fruit d’un bouleversement suprême, dans les régions politiques, disent les libéraux, dans les régions sociales, disent les socialistes, les uns et les autres affirment également la bonté substantielle et intrinsèque de l’homme, dont l’action intelligente et libre doit amener ce bouleversement. Cette conclusion, explicitement formulée par les socialistes, est implicitement contenue dans la théorie que soutient l’école libérale, si bien qu’on ne peut la rejeter sans être obligé, sous peine d’inconséquence, de rejeter cette théorie elle-même. La doctrine suivant laquelle le mal est dans l’homme et procède de l’homme est, en effet, en contradiction formelle avec la doctrine suivant laquelle le mal ne serait que dans les institutions, sociales ou politiques, et n’aurait d’autre cause que ces institutions. Quelle est, en bonne logique, la conséquence de la première? Que, pour extirper le mal du gouvernement et de la société, il faut commencer par l’extirper du cœur de l’homme. De même que suit-il de l’autre? Qu’il n’y a pas à s’occuper de l’homme, où le mal n’est pas, et que, pour l’extirper, il faut opérer directement soit sur le gouvernement, soit sur la société, où il a son centre et son origine. La théorie catholique et les théories rationalistes sont donc non-seulement incompatibles, mais encore contradictoires : la théorie catholique condamne tout bouleversement politique ou social comme insensé ou inutile; les théories rationalistes condamnent toute réforme morale de l’homme comme inutile et insensée. Et cela suit rigoureusement de leur principes respectifs; car, si le mal n’est ni dans le gouvernement ni dans la société, pourquoi et pour qui le bouleversement du gouvernement et de la société? Et si, au contraire, le mal n’est pas dans les individus et ne procède pas des individus, pourquoi et pour qui la réforme intérieure de l’homme? ~ Donoso Cortès – Essai sur le Catholicisme, pp. 304-306

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Donoso Cortès – Question D’Orient, Chapitre IX

                Tandis que ces grands événements se passaient à Constantinople, la France, agitée jusque dans ses fondements sociaux, n’avait pas la liberté nécessaire pour tourner son attention du côté de l’Orient. Pendant que toutes les passions turbulentes lui déchiraient le cœur, l’Europe se tenait en armes, prête à fondre sur elle pour étouffer l’incendie qui menaçait de s’étendre dans le monde et de dévorer tous les trônes. La question épineuse de la séparation définitive de la Belgique et de la Hollande était l’objet de longue conférence entre les diplomates les plus renommés du continent européen, alors réunis à Londres, pour faire sortir la paix générale de ces grands troubles et de ces profondes commotions. Par suite de ces complications, la France et l’Angleterre refusèrent, par deux fois, de répondre à l’appel du sultan, qui implorait leur protection et leur secours contre les armées d’Ibrahim, arrivées jusque sous les murs de Constantinople. Mahmoud, se voyant seul au milieu de si grandes infortunes, se vit forcé de recourir à la protection toujours mortelle de l’empereur de Russie, en signant avec lui le fameux traité dont nous venons de parler.

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Donoso Cortès – Question D’Orient, Chapitre VIII

                 M. de Bonald a dit, en parlant de la Turquie : Les Turcs sont campés en Europe. Nous avons vu comment la tempête a passé à travers ce camp et comment elle a emporté ses tentes fragiles dans ses rapides tourbillons.

                En parlant de la Russie, le même écrivain a dit : Ce peuple demi-barbare, dirigé par une politique sage, est destiné à faire de grandes choses dans le monde. Nous allons nous occuper de ces grandes choses ; parce que les deux belles et profondes paroles de M. de Bonald sont deux grandes prophéties, et que le temps de leur réalisation est arrivé.

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Donoso Cortès – Question D’Orient, Chapitre VII

                Tel était l’état de l’empire quand Mahmoud II monta sur le trône de ses ancêtres, sous les auspices d’une révolution sanglante.

                Son cousin Sélim III, allié de l’Angleterre et de la Russie contre la France, avait compris, grâce à ses relations avec ces puissances, quelle était la vraie, l’unique cause de la décadence de l’empire des Osmanlis. Convaincu que cette décadence était l’effet inévitable de la supériorité de la civilisation européenne sur la civilisation turque, il entreprit de rajeunir son empire caduc en répandant la semence féconde de la civilisation chrétienne sur le sol aride de l’islamisme. La paix était faite avec la France, il se livra tout entier à ses projets de réforme, et nomma une commission qui devait proposer le moyen de licencier les janissaires et de former une milice capable de résister par son organisation aux troupes disciplinées des puissances européennes. Tandis que son esprit était livré tout entier à ces préoccupations, les Russes s’emparèrent de la Moldavie et de la Valachie; et une escadre anglaise, ayant forcé le détroit des Dardanelles, parut devant Constantinople. Les ennemis des réformes de Sélim, saisissant une conjoncture favorable, excitèrent le peuple à prouver, par un soulèvement général, son attachement à ses usages et à ses coutumes, et son éloignement pour tout ce qui tendait à introduire des nouveautés étrangères et des changements dangereux. Le peuple prête toujours l’oreille à ceux qui, dans les temps de désastres, lui conseillent, comme seul moyen de salut, les séditions et les bouleversements : le peuple de Constantinople s’éloigna de son souverain, comme on s’éloigne d’un éprouvé et d’un impie, pour ne pas attirer sur soi la colère du ciel. Abandonné par ses vassaux, Sélim fut détrôné par le muphti. Mustapha IV, qui ceignit alors le sabre d’Osman, dut renoncer à toutes espèces d’innovations, dans la crainte d’une de ces tempêtes redoutables qui, en Orient, font si fréquemment chanceler les trônes.

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Donoso Cortès – Question D’Orient, Chapitre VI

                J’ai résumé rapidement les diverses phases qu’à présentés la question d’Orient, depuis les premiers temps historiques jusqu’au jour où l’empire des Osmanlis commença à décliner. On dira peut-être que ce résumé n’était pas nécessaire pour ceux qui veulent simplement savoir quels sont les termes de la question actuelle et quel sera le dénouement probable du drame où les peuples les plus puissants du monde jouent aujourd’hui un rôle. Mais la question d’Orient n’est pas une question nouvelle, elle est, au contraire, aussi ancienne que les relations entre l’Europe et l’Asie, et c’est pourquoi il m’a paru convenable, nécessaire même, de promener mes regards sur les champs de l’histoire, convaincu que la connaissance du passé est une préparation indispensable à la connaissance du présent, et que nous comprendrions mal les graves intérêts qui sont engagés dans la crise dont nous sommes témoins, si l’histoire ne nous montrait les causes qui ont amené cette question au point où nous la voyons et ne nous en révélait ainsi la nature et le caractère. En un mot, j’ai cru qu’une question, considérée au point qui lui sert de terme, ne peut être bien comprise que lorsqu’on l’a d’abord étudiée au point de son origine. A ceux qui me reprochent ces incursions dans le domaine du passé, je réponds : Est-ce ma faute si la question d’Orient, ayant une si longue vie, a une si longue histoire?

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Éliade et Schmitt se rencontrent

La fin des années 30 et le début des années 40 est une époque intéressante et mouvementée quant aux perspectives intellectuels. Carl Schmitt connaissait (entre autres) Ernst Junger, Mircea Eliade et René Guénon, ces deux derniers connaissaient Julius Evola, Corneliu Codreanu et Guido di Giorgio. Une foule de correspondance existe entre ces différentes personnalités sur des sujets nombreux, tels la métaphysique, la philosophie, l’ethnologie, le politique, ainsi de suite.

 

Voici un extrait issu du Journal portugais d’Éliade sur une rencontre avec Carl Schmitt.

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